MMartin Live Journal

Je travaille dans une association caritative 

Des bébés nageurs aux bébés fighters

J'ai beau réfléchir, à une exception près, je n'aime pas trop les enfants dans les publicités. C'est pas que je ne me sente pas concerné par ces histoires de goûter-pour-faire-le-plein-d'énergie, de pantalon-à-nettoyer-mais-comment-faire-disparaître-ces-taches-de-gras, de genou-à-désinfecter-mon-chéri-tu-t'es-fait-mal mais c'est juste que je ne reconnais pas les enfants que je vois dans ces spots. Ils ne ressemblent pas du tout à ceux qui traînent autour de moi (pour les Chocosuisses, par contre...) A moins que ce soit moi, comme parent, qui n'accorde pas forcément la même attention à la composition des goûters que les vendeurs de évitez-de-manger-trop-gras-trop-salé-trop-sucré.

Du coup, je n'attends pas avec une impatience démesurée le retour des bébés nageurs d'Evian, annoncés pour le 3 juillet par Euro RSCG BETC, 11 ans après le spot d'origine. J'ai toujours détesté ce spot qui met en scène, non pas des enfants, mais un rêve d'enfants : des bébés imaginaires dotés de capacités extraordinaires, qui font de la natation synchronisée, qui volent dans les airs, dont le corps n'est pas considéré comme un objet d'attention ou de soins mais comme un objet tout court, malléable à merci, une sorte de motif comique, un bébé vu comme un pantin grotesque, un nain lancé d'un canon dans une boîte de nuit glauque. Ces bébés sont des créatures de cauchemar qui me font peur. Ironie de l'histoire, dans l'un des spots de teasing de la nouvelle publicité Evian, la performance du bébé est tellement inattendue qu'il fait peur à son frère. Merci à lui, je me sens moins seul.

Faire du corps des enfants une matière première à modeler pour faire rire les autres, c'est un peu le fond de commerce de certaines séquences de l'émission Vidéo Gag, l'émission des dimanche tristes, qui s'est arrêtée en 2008. On se rappelle l'insistance avec laquelle les différents présentateurs se sentaient obligés de demander aux téléspectateurs de ne pas faire prendre de risques à leurs enfants en mettant en scène des chutes avec pour but de passer dans l'émission (mais aussi de toucher un chèque). D'où ma question : est-ce que TF1 signalait aux services sociaux les vidéos "limites" ? Celles qu'ils n'ont jamais passé ? Celles où, visiblement, l'enfant s'était fait vraiment mal ou à qui on avait fait vraiment mal ?

Des enfants mis en scène, des corps contraints, une violence simulée pour "faire rire", ce sont ces mêmes principes que je retrouve aujourd'hui dans cette vidéo qui se veut drôle (6 étoiles au Youtube rating pour près de 900 votes) - mais qui dit bien autre chose - et qui me glace.

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Pédagogies coopératives à l'école Antoine Balard de Montpellier

Vu hier soir la deuxième des trois parties de Ecole(s) en France, un formidable documentaire de Patricia Bodet et Christophe Nick diffusé sur France 2 dans le cadre de l'émission Infrarouge. Ce documentaire propose d'aller explorer les "autres" visages de l'école, les pédagogies alternatives, depuis le lycée militaire d'Autun à l'école Montessori en passant par l'école coopérative Antoine Balard.

Cette dernière, classée en ZEP depuis que les ZEP existent, est située dans le quartier de La Mosson à Montpellier. Elle accueille près de 200 enfants dont les familles sont particulièrement fragiles, touchées par le chômage ou ne bénéficiant que d'emplois précaires, notamment dans le secteur du bâtiment.

Pour faire face à cette situation et éviter que la "loi de la rue" ne vienne grignoter celle de l'école, les enseignants ont développés un projet pédagogique original, inspiré des travaux de Célestin Freinet. Le principe ? Les pédagogies coopératives qui responsabilisent les enfants dès leur plus jeune âge. L'idée étant que les enfants exporteront ensuite dans la rue et dans le quartier les règles de vie qu'ils auront appris à l'école.

Dans ce documentaire, disponible à la location sur Vodeo, on n'entend pas parler une seule fois de portique de sécurité, de caméras de surveillance, de fouille des cartables ou de présence policière dans les établissements. Il faut dire qu'il a été réalisé en 2006. C'était une autre époque.

Dans ces classes, il n'y a pas de niveaux et dans laquelle les élèves sont mélangés, du CP au CM2. Les grands aident les petits à travailler grâce à un système de tutorat. Les règles de la vie commune sont définies au départ avec les adultes et acceptées ensuite par le groupe parce que c'est le groupe qui est responsable de leur application et décide, quand c'est nécessaire, des sanctions.

Dans ces classes, il n'y a pas de notes mais des "ceintures", comme au judo. Tout le monde commence à "ceinture blanche" et on ne peut que progresser quand des éléments sont considérés comme acquis. La "ceinture de comportement", elle, ouvre des droits et des devoirs clairement établis (cf. photo).

Dans ces classes, quand un grand tape un petit, toute la classe se réunit pour évoquer l'événement, s'interroger sur les causes et les conséquences, évoquer des expériences personnelles, dans la cour de récréation ou à la maison.

L'enseignant filmé dans le documentaire, Sylvain Connac, a publié au début de l'année "Apprendre avec les pédagogies coopératives", un livre dans lequel il revient sur ses dix ans d'expérience à l'école Antoine Balard.

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Nous aurons tous notre brigade spéciale

On ne va pas installer des commissariats dans les écoles, ni morceler les forces de police pour créer une brigade spéciale pour chaque problème.

Ca, c'était la ministre de l'Intérieur il y a quelques semaines dans le Journal du Dimanche. Elle était convaincue, plutôt convaincante, mais l'Elysée lui a donné tort. Que faisait donc la ministre de l'Intérieur dans les colonnes du JDD ? Elle répondait aux propositions faites par le ministre de l'Education nationale pour endiguer la violence dans les écoles. On se souvient qu'il avait fait sensation en proposant d'installer des portiques de sécurité à l'entrée des établissements, en envisageant la fouille des élèves et en évoquant la possibilité de créer une force de police spécialement formée pour intervenir dans les établissements, destinés à devenir des "sanctuaires" selon la formule présidentielle remise au goût du jour.

La réplique de la ministre de l'Intérieur n'a pas tardé car cette idée des "brigades spéciales", c'est bien son idée, avec ses "brigades départementales de police et de gendarmerie spécialisées" dans l'aide aux victimes de violences familiales évoquée dès le début du mois de mai. En janvier (le sujet avait fait l'objet d'une note sur ce blog), cette question des violences intrafamiliales avait été mise en avant comme l'un des éléments pouvant expliquer la hausse de la criminalité en France et la ministre avait d'ailleurs nommé un préfet pour réaliser une étude sur les moyens de lutter contre ce type de violence. Ces brigades étaient un premier élément de réponse.

Donc, quand la ministre de l'Intérieur réplique au ministre de l'Education nationale, c'est bien pour éviter que sa proposition, plutôt intéressante en ce qu'elle rassemble les compétences de la plupart des acteurs déjà présents sur le terrain (police et gendarmes, travailleurs sociaux, psychologues, associations...) ne soit phagocytée par d'autres brigades "gadgets" dont la mission et les moyens ne sont pas clairement identifiées mais ne servent qu'à répondre aux inquiétudes de l'opinion. Qui peut m'expliquer à quoi va servir une brigade spécialisée dans les intervention en milieu scolaire ? Si des gamins rejouent Columbine, il y a des policiers spécialisés qui savent déjà faire. Si c'est des histoires de scooter volé, la police doit pouvoir s'en occuper, non ?

Autre problème qui a son importance : qui dit multiplication des unités et/ou "morcellement des forces de police" et notamment dans un contexte de stagnation, voire de baisse des effectifs, dit appel à des sociétés de sécurité privées, autre projet élyséen assumé, pour prendre en charge ces missions de service public. Et ça, la ministre ne peut pas le défendre.

Mais voilà, le projet du ministre de l'Education nationale qui a eu un peu de mal à passer chez les enseignants, chez les parents d'élèves, à gauche mais aussi au Nouveau Centre et à l'UMP a rencontré un franc succès à l'Elysée, qui a confirmé quelques jours plus tard la création d'une "équipe mobile auprès de chaque recteur, susceptible d’intervenir en renfort auprès des chefs d’établissement". Un moment sans doute un peu pénible à vivre pour la ministre de l'Intérieur, dont tous les Français pensaient qu'elle était en charge de la police (mais en fait non, c'est pas elle).

Une analyse un peu rapide de l'événement pourrait laisser croire que les rênes de la politique de sécurité en France sont entre les mains du ministre de l'Education nationale... soyez rassurés il n'en est rien, on le sait depuis un moment : les choses sérieuses sont gérées à l'Elysée. Les ministres ne sont plus là pour faire de la figuration lors des Grenelle, assises et autres forums, relayer les décisions prises avec ou sans eux et faire le service après-vente dans les médias. ils n'ont plus rien à voir là-dedans. Voilà pourquoi, même quand ils se plantent, ils se félicitent.

On ne peut pas, on ne doit pas, leur en tenir rigueur et on peut par contre se désoler d'apprendre que, désormais, comme il y a une loi pour chaque fait divers, il y aura bien "une brigade spéciale pour chaque problème".

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PS. En revanche, pour moi qui me suit fait voler mon téléphone dans le métro voilà quelques jours, je n'attends plus la création de la brigade spéciale vol d'iPhone : Apple a intégré une fonction "Find my iPhone" dans son nouvel appareil et la ministre de l'Intérieur a décidé de généraliser le dispositif de pré-plainte en ligne... un sacré coup porté au business model des sociétés de sécurité privées chères à l'Elysée :-)

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Brightkite invasion!

La vie, des fois, c'est simple comme tout. On est abonné au flux de Brady Becker, le fondateur de Brightkite, ce service super génial (en 1 clic, vous avez une photo géolocalisée, pushée sur Twitter et Flickr...) qui, chaque jour, assure un peu plus sa place de complément obligatoire à Twitter pour trouver ce que je cherche : des morceaux de vie authentiques, mis en perspective avec humour, distance, amour, sérieux, intelligence, finesse. Ce qu'on trouvait à l'origine sur Twitter alors que maintenant, les pépites, les instants de grâce, les secondes terribles, il faut y passer du temps pour les trouver, elles n'apparaissent plus comme ça. Et les photos envoyées sur Brightkite permettent de compenser un peu.

Tout ça pour dire que l'autre jour, Brady nous a montré ses nouvelles cartes de visite. Elles ont une forme de sous-bock et tout le monde trouvait ça très chouette. Surtout moi à qui ce drôle de format m'a rappelé les autocollants que tout bon professionnel du web se doit de tapisser son MacBook. Moi qui ne suit pas professionnel du web, je me suis dit qu'un autocollant iPhone, ça ferait bien l'affaire. Un commentaire, une semaine de patience et ils sont là, un jeu de "iPhone friendly stickers".

Sachant que je n'ai qu'un iPhone susceptible d'être équipé d'un tel ornement, il me reste deux stickers que je me ferais un plaisir d'envoyer à ceux qui se manifestent dans les commentaires. Avis aux Brightkite amateurs :-)

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Entre les murs d'un préau

     

Si vous aimez les festivals de cinéma mais que vous n'êtes pas à Cannes (plutôt dans le quartier d'Auteuil à Paris), que cette météo moyenne vous donne diablement envie d'aller vous faire une toile (mais que vous n'avez pas envie de payer votre place) et que vous voulez voir (ou revoir) "Entre les murs" de Laurent Cantet, palme d'or à Cannes 2008, ce billet est fait pour vous.

Le festival Auteuil Bon Cinéma vous permet de revivre, pour deux soirs (ce soir et demain), les grandes heures de la salle Auteuil Bon Cinéma qui accueillait les cinéphiles du quartier entre 1925 et 1977. En attendant le projection (sous un préau particulièrement confortable...), vous pourrez aller visiter l'exposition "Auteuil Bon Cinéma. De 1925 à 1977 : l'histoire d'une salle, l'histoire d'un siècle" dans laquelle vous trouverez des documents, des objets et des témoignages de spectateurs de l'époque.

Enfin, pour ceux d'entre vous qui n'ont pas encore dîné, arrêtez tout et enfilez votre manteau dare-dare pour vous rendre à la brasserie d'application de la Fondation d'Auteuil (qui se trouve à quelques mètres de l'écran que vous pouvez voir sur les photos) : vous pourrez y avaler un menu "Cinéma", servi par des jeunes en formation "brasserie".

Tout ça se passe maintenant au 40, rue Jean de La Fontaine à Paris et l'entrée est libre. La projection commence vers 21h45.

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Pèlerin donne des ailes (et des euros) à des jeunes

Elles s'appellent Amélie, Lucile et Lucie. Lui s'appelle Xavier. Ils sont jeunes, ils sont plein d'énergie, d'enthousiasme, d'appétit pour le monde. Ils ont envie de s'y frotter d'un peu plus près. De voir à quoi ça ressemble pour de bon que ces gens qui ne sont pas exactement comm eux, qui ont une autre culture, une autre manière de penser, de regarder, de sentir les choses, d'autres croyances aussi. Et ils ont dans leur poche un chèque de 3 000 euros pour le faire : un chèque donné par Pèlerin, un titre du groupe Bayard.

Le groupe Bayard, pour ceux qui n'ont pas envie de cliquer sur le lien, c'est un des principaux groupes de presse en France avec 150 magazines dans les domaines senior, jeunesse, religieux et nature, 2 300 salariés et 3 300 pigistes. Bayard a été fondé par les Augustins de l'Assomption en 1873. Aujourd'hui encore, cette congrégation en est l'actionnaire unique et indépendant. Un fait suffisamment rare pour être souligné.

En 2007, Pèlerin a eu une très bonne idée : plutôt que de continuer à répondre "non" à tous les étudiants en journalisme qui leur faisaient des propositions du type "Envoyez moi au bout du monde et je vous écris des articles en retour", ils ont décidé de structurer un peu la démarche en organisant un concours : "Pèlerin donne des ailes à des jeunes". Le principe est simple : aider trois jeunes à organiser un "projet de voyage à travers le monde" en leur donnant une bourse de 3 000 euros. Alors bien sûr, il ne s'agit pas de partir en vacances mais bien de monter un projet structurant. Un de ces trucs qui vous restent dans la tête pendant toute la vie, entre le moment où vous terminez vos études et celui où vous entrez dans la vie professionnelle. Les critères retenus pour la sélection sont simples :
- L'originalité (mais le réalisme) du voyage
- L'autonomie du candidat
- La qualité et le sérieux de la préparation du voyage

Seule contre-partie : tenir un blog hébergé sur le site du Pèlerin pendant la durée de leur voyage (le genre de contraintes pas vraiment contraignantes...), une façon intéressante de créer du trafic sur leur site web en faisant la promotion de contenus originaux. Avec mes 12 mois de Sultanat d'Oman à mon compteur (merci le service national), je ne pouvais pas rester insensible à ce projet enthousiasmant et je sais à quel point ce genre d'expérience est forte, importante et marquante dans une vie... et je n'ai pas du tout été déçu par les lauréats. A l'exception de Lucile Gimbert qui terminait un stage au bureau de l'AFP de Santiago, j'ai pu rencontrer les autres lauréats lors de la remise des prix qui se tenait chez Bayard le 6 mai dernier.

- Amélie Tulet veut traverser le Sénégal, le Mali et le Niger sur la trace des griots. Cette Toulousaine, étudiante en journalisme de l'ESJ de Lille s'est spécialisée en radio et j'attends avec beaucoup d'impatience ses enregistrements, ses photos, ses témoignages.
- Lucie Moraillon va mener un projet de "photographie participative" en Egypte. Dans un village condamné à une destruction prochaine pour cause d'urbanisation, Lucie va donner des appareils photo à des enfants du village et leur proposer de prendre des clichés de leur environnement... pendant qu'il est encore là.
- Xavier Thierry, lui, voulait connaître d'un peu plus près la réalité (complexe) de l'Iran. Après un premier voyage à Téhéran, il veut maintenant découvrir la campagne.
- Lucile Gimbert, quant à elle, veut devenir journaliste indépendante au Chili. Elle ira à la rencontre des femmes chiliennes.

Tous sont absolument super, charmants, énergisants : je leur mets 10 sur 10 à l'école des fans et je ferai mon possible pour relayer leurs pérégrinations ici.

Aujourd'hui, vous l'avez noté (car je sais que vous êtes des lecteurs attentifs) les 4 lauréats du concours "Pèlerin donne des ailes à des jeunes" sont tous des étudiants en journalisme et Pèlerin souhaiterait diversifier, autant que possible, le recrutement de ses candidats. Donc, si vous avez entre 18 et 25 ans et que vous avez envie d'aller voir à quoi ressemble le monde et ceux qui y habitent, il ne vous reste qu'une chose à faire : télécharger le dossier de candidature sur le site du Pèlerin et le renvoyer avant le 31 janvier 2010.



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Vivre dans la rue. Mourir comme tout le monde

C'était à la toute fin du mois de décembre, au moment des derniers cadeaux qu'on achète un peu en catastrophe et des quasi crises de nerfs sur la couleur de la nappe ou le choix du vin qui accompagnera l'entrée du dîner de Noël : le collectif Les morts de la rue avait publié, avec le concours du journal Mediapart, une carte des personnes décédées dans la rue.

Le décompte, tragique et sinistre, donnait un peu de réalité aux faits divers des quotidiens, particulièrement sensibles au sujet compte tenu de la rigueur de l'hiver. Un mois plus tôt, la découverte d'un SDF mort dans le bois de Vincennes avait remis en lumière la situation dramatique de ces hommes et ces femmes vivant hors de portée des circuits des services sociaux traditionnels et pourtant si proches des centres urbains. Dans des cabanes faites de morceaux de palettes et de sacs plastiques alors qu'en 2002, il y avait toujours 2 millions de logements vacants en France.

Ce matin, dans le quotidien La Croix, le collectif a mené une nouvelle opération (que je ne retrouve pas ailleurs, si vous avez des infos, je suis preneur) : l'intégralité de la page "Carnet" du quotidien a été réservée aux morts de la rue :

"Les familles, amis, bénévoles et associations qui les ont accueillis ou rencontrés, ainsi que les adhérents ou partenaires du Collectif, ont la tristesse de vous faire part des Morts de la rue (...)"


Sur 6 colonnes s'égrènent les noms des 388 personnes décédées en 2008. Que des gens qui avaient sans doute d'autres choses à faire dans la vie que de mourir dehors, dans des conditions toujours tragiques, souvent jeunes. Le collectif rappelle qu'en France, l'espérance de vie d'un SDF est de 48 ans, contre 81 ans en moyenne. En janvier 2009, déjà, une équipe de Médecins du Monde et de l'AP-HP avait étudié les dossiers médicaux des 44 sans-abris morts en 2006 à Marseille et en avait tiré des conclusions similaires : l'espérance de vie d'une femme SDF à Marseille était de 41 ans.

Merci au collectif Les morts de la rue d'avoir pris la peine de recueillir le nom de ces individus, d'avoir su leur rendre hommage et dignité de la manière la plus simple et la plus humaine qui soit : avoir leur nom dans la rubrique nécrologique d'un quotidien. Comme tout le monde.

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Un couple moderne

     

16h15. Elle me demande par SMS si je peux aller chercher la petite à l'école
20h12. Elle rentre, dit qu'elle est crevée, se sert un verre de blanc
20h14. Elle trouve que mon dîner n'a pas une bonne tête
20h15. Elle décide de se faire des pâtes, ça sera toujours mieux
20h19. Le téléphone sonne. C'est sa cousine.
20h21. Elle embrasse la petite
20h22. Elle m'embrasse moi
20h33. Elle part au cinéma, ou peut-être chez IKEA, le programme n'est
pas définitif.
20h34. J'arrête l'eau des pâtes

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Pour ceux qui veulent arrondir leurs fins de mois

Vu dans la rue, cette annonce scotchée sur des horodateurs : un film va être tourné dans le quartier de la place Rodin à Paris. S'il y en a parmi vous qui souhaitent arrondir leurs fins de mois en faisant un peu de figuration, en prêtant leur voiture ou leur appartement (par contre, il faut habiter le quartier...), vous pouvez envoyer un email à france.production@yahoo.fr

Disclaimer : je ne connais pas cette société de production, je ne sais absolument pas de quel type de film il s'agit, je ne fais juste que relayer cette annonce alléchante. D'ailleurs, si quelqu'un tente le coup, je serai très intéressé de savoir ce qu'ils entendent par "forte rémunération".

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Premier arc-en-ciel de l'année

Marre des mauvaises nouvelles. On veut du bon, du bien, du doux. On veut de l'arc-en-ciel pour illuminer la nuit, crever les nuages, aveugler les orages.

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