Ca fait un moment que je ne suis plus très satisfait de mes activités en ligne et c'est désagréable. Voilà comment je perçois la situation. Si vous avez des idées, des conseils ou des expériences à partager, je suis preneur.
J'ai deux problèmes.
Premier problème : un problème de forme. En plus de ce blog, je suis (assez) actif sur d'autres réseaux sociaux :
Twitter,
Facebook,
Brightkite et je découvre en ce moment
Foursquare (qui m'amuse un peu sans me convaincre vraiment... mais ce sera l'objet d'un autre billet). Je partage ma veille personnelle sur
Google Reader,
delicious et
Facebook. Google Reader, c'est pour le tout-venant, j'utilise la fonction privée de delicious pour stocker des articles que je traiterai plus tard. Facebook, c'est plutôt orienté boulot. Et puis il y a
Flickr, bien sûr.
J'ai aujourd'hui trois usages d'internet, par ordre d'implication décroissant :
- la production (des notes, des updates, des photos),
- la réaction (commentaire à des billets de blog ou commentaire sur un lien partagé)
- le partage brut (un retweet, un lien posté sans commentaire)
Je vais remettre un peu d'ordre dans les réseaux vs les usages pour qu'à chaque site corresponde un usage propre... ou à peu près. Je ne suis pas très inquiet là-dessus. Ca devrait permettre de redonner un peu de valeur à chacun des flux. Peut-être que ce sera aussi l'occasion de construire un flux unique et d'aller vers un monitoring de mes activités en ligne, à l'image de ce qu'a fait
Florent Guerlain avec son projet Hyper 2008 ou
Nicolas Feltron avec son Annual Report 2008 (qui a d'ailleurs inspiré les concepteurs de Foursquare). Ces trucs me fascinent.
Second problème : un problème de fond. Et là, c'est pas génial. Pour la première fois de ma vie, je pense à mes lecteurs en écrivant. Ca ne m'était jamais arrivé avant. D'abord parce qu'il n'y avait pas de blog et que mes textes, je ne les partageais qu'avec des lecteurs très très choisis (et parfois des lectrices tout aussi soigneusement choisies...) Ensuite parce que les quelques lecteurs qui traînaient sur
MMixer, je ne les connaissais pas et je n'avais pas de moyen de les connaître.
Jusqu'à présent, mon lectorat, je l'appréhendais comme un individu unique : le Lecteur. Son activité ? Me lire un point c'est tout. Que ce lecteur unique aime ou n'aime pas ce que je faisais n'a pas tellement d'importance. Ca n'est pas ça qui m'intéressait. J'écris pour maintenir vivante cette relation entre moi et Lui le Lecteur. Pour respecter une promesse d'enfant. Ecrire et puis c'est tout.
Le bon côté des choses, c'est que cet état d'esprit m'a permis d'échapper à la tentation de la course à l'audience, à l'écriture sur commande et à écrire pour plaîre, pour te plaîre à toi, de l'autre côté du clavier. Le mauvais côté, c'est qu'avoir pris conscience qu'il y avait des "vrais" gens derrière l'écran, ça brouille ma relation avec mon Lecteur. Et ça, je ne sais pas encore comment la retrouver.
Ma piste de réflexion, c'est sans doute de revenir aux fondamentaux : l'honnêteté et la transparence. Si j'ai abandonné le cahier pour le blog, c'était dans un souci de vérité. Ecrire publiquement, cela engage à dire la vérité. Bien sûr, on peut mentir, se planquer derrière un pseudo, raconter n'importe quoi, inventer des histoires alors que le quotidien, la réalité est parfois
si exquise,
tendre,
dure,
surprenante,
tragique même, pour peu qu'on y prête attention. Mais ce n'est pas de cette manière que je vois les choses.
Ce que je veux, c'est retrouver du silence autour de moi, en fait. Cette zone d'ombre dans laquelle on peut tricoter les phrases sans se demander si telle expression ne va pas provoquer l'ire ou le rire d'un de nos lecteurs. Une fois l'étoffe achevée, on peut la présenter en pleine lumière et la donner au Lecteur.
On essaye comme ça ?