L'hôtel des Trois Maures à Couches

Expédition à Couches, hier, pour aller visiter le château dit "de Marguerite de Bourgogne". Arrivés à 11h30, nous sommes refoulés (gentiment, mais refoulés quand même) parce que, comme à Cormatin, les visites s'arrêtent entre 12 heures et 14 heures et que le site n'est pas en accès libre. Du coup, il nous reste deux options : (i) Repartir dépités (ii) Attendre la réouverture du site et essayer les bonnes adresses de la ville. Nous tentons la deuxième option et nous retrouvons attablés au restaurant de l'hôtel des Trois Maures.

L'histoire de cet endroit est raconté à la première page du menu : les trois "Maures" ne sont pas des Corses perdus sur le continent mais trois prêtres réfractaires fusillés au début de la Révolution. L'aubergiste aurait jugé utile de ne pas baptiser son établissement "Les trois morts". N'empêche que le lieu inspire le convive puisqu'alors que nous prenions notre dessert, l'un des clients, à une autre table, expliquait comment il avait découvert sa tante décédée depuis 10 jours dans son appartement. Mmmm... N'empêche que tout était délicieux.

Ce déjeuner était aussi l'occasion d'utiliser pour la première fois l'application Foodspotting, qui permet de partager des photos des plats que vous choisissez au restaurant (jambon persillé et cuisse de canard en ce qui me concerne). Sans doute un peu à contre-courant des nouveaux réseaux sociaux all-in-one (type Google+), j'apprécie de plus en plus ces réseaux sociaux de niche, qui vous permettent de partager les émissions que vous regardez à la télévision, le vin que vous dégustez, la bière que vous buvez, la musique que vous écoutez etc. ces updates pouvant être rassemblées et discutées sur un grand réseau de type Facebook ou Twitter.

Une occasion aussi de découvrir un macaron visible à l'entrée du restaurant : "Nous cherchons un apprenti", une façon simple et sans doute efficace de recruter mais aussi de dire aux clients que, parmi le personnel de l'établissement, il y a des jeunes en apprentissage.

(et la visite du château était tellement bien que j'ai pas pris de photos)

Filmer l'apprentissage.

C'est grâce à un billet d'Alexandre Grzeczka que j'ai découvert les trois spots réalisés par Rick Mereki pour l'agence de voyage australienne STA Travel. Alexandre est diététicien dans un établissement de la Fondation de Rothschild alors c'est le spot Eat qui a attiré son attention. Moi, je travaille chez Apprentis d'Auteuil, alors c'est le spot Learn qui m'a particulièrement intéressé. Pour les curieux : il existe un 3e spot, Move, plus attendu, plus convenu, moins réussi.

Ce qui a excité ma curiosité, c'est de voir comment Rick Mereki allait s'y prendre pour mettre en images une notion qui nous est chère, chez Apprentis d'Auteuil : l'apprentissage. Je ne parle pas du fait que Andrew Lees est plutôt beau et a l'air de réussir très facilement tout ce qu'il fait aux quatre coins du monde avec des gens super sympa. La première chose qui m'a frappé, c'est que le maître et l'élève ne parlent pas la même langue et que ce n'est pas un problème. Alors bien sûr, il y a l'anglais mais il y a surtout les gestes. Ceux du maître miment ceux que l'élève doit faire, accompagnent le novice. Pas toujours besoin de parler pour transmettre, il suffit de faire, il suffit d'être.

La deuxième chose qui m'a frappé, c'est la proximité physique entre le maître et l'élève. Bien sûr, c'est lié à la nécessité de la mise en scène de la publicité et aux activités qui sont représentées (danse, football...) mais dans certains cas (guitare, cuisine), cette proximité est aussi liée à un autre aspect : le maître et l'élève partagent les mêmes outils ; la même guitare du musicien, le même moule du chocolatier, la même canne du souffleur de verre. Apprendre, c'est partager un espace, du temps, des connaissances, des outils.

Et puis bien sûr, dernière chose : les regards, les sourires, les mains qui se serrent... en un mot, la satisfaction (ah... le monde merveilleux de la publicité). En réalité, il n'y a qu'à deux reprises qu'Andrew Lees exprime explicitement sa satisfaction (avec le guitariste et avec le chocolatier). Tout le reste est induit de façon très fine et sensible tout au long du spot par - en vrac - des gestes d'impatience, une respiration retenue, des sourcils qui se froncent. Et voilà la grande vertu du spot de Rick Mereki, qui est parvenu à capter quelque chose d'essentiel : le plaisir d'apprendre.

Tiens, une idée pour la rentrée : pourquoi ne pas montrer ce spot à tous les jeunes de France et de Navarre pour leur redire qu'apprendre est (aussi) un plaisir.