J'arrête les vacances.

J'arrête les vacances. C'est trop pénible après. Une semaine que je suis en stage maçonnerie/peinture/électricité à la maison avec Michel-le-beau-père. C'est pas désagréable. C'est pas du tout désagréable.

On mange du saucisson et des boîtes de haricots. [disclaimer: la phrase qui suit est susceptible de choquer les lecteurs belges de ce blog] On tête de la 1664 toute la journée [Fin du disclaimer]. On se lève tôt. On se couche tôt. On se repose. On a le temps de penser à tout. De lire, même. Des vrais machins en papier avec des pages. Quelques "Donjons" - Celui-là m'a anéanti - ; le journal de Marcel Sembat ; Vent de sable de Kessel.

La gangue de l'adulterie se fissure. On se souvient de quand on était petit. On se souvient qu'avant, on se moquait du monde. On se moquait de la vie qui fait peur. On fumait des Gauloises brunes. Des Pall Mall bien trop fortes pour le législateur qui avait fait modifier la recette des cigarettes. On était bravache.

Les questions qu'on se posait, la semaine dernière, c'était "Faudra-t-il une troisième couche de rose dans la chambre de la petite ?" "On mange quoi à midi ?" "Où est la bouteille de White Spirit ?" On se salissait les pompes. On apprenait à tirer une prise électrique. On écoutait de la Tektonik sans broncher (ou presque). On pensait à juste après : "Juste après les plinthes, j'attaque le radiateur." "Juste après les pinceaux, je nettoie le bac".

C'est fini tout ça. C'est fini les vacances. On rentre dans le rang. On repasse sa chemise. On se lève pour se raser bien gentiment. Pas de poils qui dépassent. Pas de vague. Pas de faux plis. Rien.