L'hôtel des Trois Maures à Couches

Expédition à Couches, hier, pour aller visiter le château dit "de Marguerite de Bourgogne". Arrivés à 11h30, nous sommes refoulés (gentiment, mais refoulés quand même) parce que, comme à Cormatin, les visites s'arrêtent entre 12 heures et 14 heures et que le site n'est pas en accès libre. Du coup, il nous reste deux options : (i) Repartir dépités (ii) Attendre la réouverture du site et essayer les bonnes adresses de la ville. Nous tentons la deuxième option et nous retrouvons attablés au restaurant de l'hôtel des Trois Maures.

L'histoire de cet endroit est raconté à la première page du menu : les trois "Maures" ne sont pas des Corses perdus sur le continent mais trois prêtres réfractaires fusillés au début de la Révolution. L'aubergiste aurait jugé utile de ne pas baptiser son établissement "Les trois morts". N'empêche que le lieu inspire le convive puisqu'alors que nous prenions notre dessert, l'un des clients, à une autre table, expliquait comment il avait découvert sa tante décédée depuis 10 jours dans son appartement. Mmmm... N'empêche que tout était délicieux.

Ce déjeuner était aussi l'occasion d'utiliser pour la première fois l'application Foodspotting, qui permet de partager des photos des plats que vous choisissez au restaurant (jambon persillé et cuisse de canard en ce qui me concerne). Sans doute un peu à contre-courant des nouveaux réseaux sociaux all-in-one (type Google+), j'apprécie de plus en plus ces réseaux sociaux de niche, qui vous permettent de partager les émissions que vous regardez à la télévision, le vin que vous dégustez, la bière que vous buvez, la musique que vous écoutez etc. ces updates pouvant être rassemblées et discutées sur un grand réseau de type Facebook ou Twitter.

Une occasion aussi de découvrir un macaron visible à l'entrée du restaurant : "Nous cherchons un apprenti", une façon simple et sans doute efficace de recruter mais aussi de dire aux clients que, parmi le personnel de l'établissement, il y a des jeunes en apprentissage.

(et la visite du château était tellement bien que j'ai pas pris de photos)

La foire aux moutons de Palinges.

Visite à la foire aux moutons de Palinges, l'une des plus importantes de la région. Non pas que je sois un grand connaisseur des moutons mais c'est vraiment une bonne occasion de permettre aux enfants d'approcher les animaux sans trop de bousculade, voire même de se faire expliquer deux ou trois trucs par les éleveurs. J'aime aussi l'ambiance de foire locale qu'on retrouve moins dans les grands événements comme le salon de l'agriculture : des éleveurs venus de toute la France, des machines comme vous n'en imaginez pas et surtout et le site extraordinaire du château de Digoine.

En plus des moutons, les bovins étaient invités à la foire dans le cadre d'un concours intercantonal. Un éleveur de frisons et un maréchal-ferrand sont venus compléter le programme. Les organisateurs avaient également pensé à des animations pour les petits et pour les grands (et qui donnent des idées pour la fête de l'amitié de Saint-Jean l'année prochaine). Un événement réussi pour nous, mais aussi pour les éleveurs à en croire la presse locale de ce matin.

Un seul regret finalement : que le prix d'entrée du château (7,5 euros) nous ait semblé excessif et nous a conduit à rebrousser chemin. C'est dommage parce que c'est seulement après que Sylvie Stefani nous apprend qu'à l'intérieur se cache une pièce rare : un petit théâtre à l'italienne que nous aurions bien aimé découvrir. Sans doute qu'un petit panneau annonçant au visiteur ce qu'il va découvrir dans le château nous aurait décidé. Dommage... mais ce n'est que partie remise.

Toutes les photos ici

Lendemains de fête

Mon beau-père, prof de maçonnerie dans un lycée professionnel, a fêté hier son départ en retraite après presque 40 ans de vie (très très) active. A ma table, lors du dîner, des gens que je ne fréquente que là bas. Des chauffeurs routiers. Des vendeurs de matériaux. Des profs de lycée technique. D'autres retraités.

On leur parle de Paris. De la vie quotidienne. Des temps de trajet pour aller travailler. Des loyers. Des assistantes maternelles. Des écoles surchargées alors que chez eux, les classes ferment. Ils sont horrifiés et je n'emploie pas une figure de style. Ils sont vraiment horrifiés par la vie que nous leur décrivons.

Au cours de la soirée, la conversation glisse vers la télévision. Ils évoquent avec tendresse le choc qu'a représenté pour eux l'arrivée de cet étrange machine dans le salon - ou dans un meuble. La seule télévision de l'immeuble. Tous les voisins qui venaient. La convivialité. La magie de l'image.

L'occasion est trop belle : "Et la première fois que vous vous êtes connectés à Internet, ça vous a fait la même chose ?" Silence. Malaise perceptible. Les réponses sont maladroites, cherchent à contourner l'obstacle. Parmi les six personnes à la table, il n'y en a qu'une qui "aime bien". Les autres "préfèrent un bon manuel" ou reconnaissent qu'elles "ne savent "pas trop comment s'y prendre pour trouver ce qu'on cherche." Je n'insiste pas.

Du coup, le lendemain, en nettoyant un peu la salle avec les autres, on se demande ce qu'on fait dans la ville, là-haut, avec nos 2.0 plein la bouche, nos metaverses, nos notifications SMS pour Twitter et nos machins collaboratifs. Un genre de doute. Ca dure pas bien longtemps. Mais il est là quand même, ce doute.

50 % de la population française est connectée à Internet. Sur ces 30 millions de personnes, beaucoup utilisent Internet de manière très différente : pour s'informer, pour acheter, pour jouer, pour faire des rencontres, pour participer à des forums de discussion. Soit. Super. Clap clap pour la France qui a rattrapé son retard et semble avoir enterré le Minitel. Mais pour les 30 autres millions, on fait quoi ?

Pause

On les attend. On les prépare. On n'y pense plus. Et un jour, c'est le jour : les vacances. Au programme, trois semaines dans le Sud (Corse, Provence, Bourgogne). On va boire du rosé. On va prendre le bateau. On va faire de la bagnole et du vélo.

On va (je vais) aussi être un peu éloigné d'un ordinateur pour les prochaines semaines. Voilà pourquoi, pour le mois d'août, ce blog passe en mode nano. Pas de billets ni de commentaires jusqu'à la mi-août.

Je vous souhaite de passer un bon été à tous. Bon courage à ceux qui restent bosser. J'espère que vous aimerez les photos et les tweets qui seront publiés ici.