Les maillots floqués de l'équipe Sky

Hier, 13e étape du Tour de France entre Rodez et Revel, je remarque pour la première fois que les maillots de l'équipe Sky sont floqués du nom du coureur (Juan Antonio Flecha sur cette très belle photo). Excellente idée pour rendre la course plus lisible. Parce que, pour le moment, il faut bien admettre que reconnaître les coureurs dans le peloton nécessite un apprentissage et que le téléspectateur est souvent pendu aux lèvres du commentateur quand une échappée se développe. Espérons que cette initiative fasse école dans les autres équipes... même si pour marquer le nom du coureur sur les côtés du maillot, l'équipe doit sacrifier un emplacement normalement dédié à un sponsor.

Enchantement de voir l'étape remportée par Alexander Vinokourov, à l'issue d'une magnifique sortie du peloton à quelques kilomètres de l'arrivée, dans la côte de Saint-Férréol. Vinokourov avait échoué la veille à quelques mètres du but et on peut imaginer que le coureur en avait gros sur le coeur de s'être fait doubler par Alberto Contador son leader. Celui-ci s'est d'ailleurs précipité pour le féliciter dès la ligne d'arrivée franchie. Première victoire pour le coureur du Kazakhstan sur le Tour de France 2010, première victoire d'étape pour l'équipe Astana sur le Tour de France et beau pied de nez à tous ceux qui l'avaient enterré.

L'avantage psychologique à quel prix ?

Hier, 12e étape du Tour de France entre Bourg-de-Péage et Mende. Dans la dernière partie de l'étape, la très raide "montée Laurent Jalabert", Alberto Contador attaque Andy Schleck, lui prend 10 secondes et revient à 31 secondes seulement du luxembourgeois porteur du maillot jaune. Ce matin, la presse titre sur l'envol de Contador. C'est très exagéré.

Dix secondes, ce n'est pas beaucoup surtout si on se souvient que c'est exactement l'écart qu'avait pris Andy Schlek à Alberto Contador lors de l'étape entre Morzine et Avoriaz. Voilà pourquoi Andy Schleck parle ce matin d'une revanche de Contador, non pas pour minimiser ce qui s'est passé mais plutôt pour remettre ces 10 secondes en perspective.

Dix secondes, ce n'est pas beaucoup non plus si Contador voulait éblouir ses adversaires. Certes, il avait l'air très à son aise avec ses démarrages en deux temps comme à son habitude mais l'effet de surprise est perdu.

De plus, pour gratter ces 10 secondes, Contador a repris Alexander Vinokourov, un de ses co-équipiers qui était devant, parmi les coureurs rescapés de l'échappée du matin. Et là, l'effet est désastreux. Car si Vinokourov n'avait que peu de chances de remporter l'étape compte tenu du départ de Joachim Rodriguez (le vainqueur à Mende), ce n'est pas exactement la même chose de perdre une étape, devancé par quelqu'un de son équipe pour qui vous vous étiez donné sans compter la veille. A Bourg-lès-Valence, dans le lancement du sprint, Contador est littéralement emmené sur la ligne d'arrivée par un Vinokourov héroïque. Contador avait une belle occasion de le remercier dès le lendemain. C'est raté.

Pour gagner 10 secondes, Contador a donc perdu l'effet de surprise sur Schleck qui sait désormais à quoi s'en tenir sur la forme retrouvée de son adversaire. Il a également perdu une occasion de remercier l'un de ses précieux co-équipiers qui pourrait lui en tenir rigueur. Suivre les évolutions de la relation de Contador avec Vinokourov va être particulièrement intéressant dans les Pyrénées.

Coups de boule sur la grande boucle

Hier, 11e étape du tour de France 2010 entre Sisteron et Bourg-lès-Valence. Dans le dernier kilomètre avant la ligne d'arrivée, Mark Renshaw (HTC) est en difficulté : il ne parvient pas à aménager une porte à son sprinter Mark Cavendish. Une porte, c'est à dire un espace libre entre deux coureurs dans lequel le sprinter pourra s'engouffrer et filer vers la ligne d'arrivée. La vitesse est démentielle : 70 km/h pour le dernier lanceur, souvent plus pour le sprinter. Pour vous rendre compte de ce à quoi ça ressemble que de rouler à 70 km/h, je vous invite à jeter un oeil au documentaire "La marge ultime", et notamment l'extrait qui présente l'entraînement des sprinters de l'équipe Gerolsteiner à Majorque.

Ce n'est pas inhabituel qu'un lanceur ne parvienne pas à ouvrir la route à son sprinteur. Il n'y a pas de la place pour tout le monde sur une ligne d'arrivée. En général, ça se joue à deux ou trois, pas plus, alors qu'il y a au moins un sprinteur par équipe engagée (22 équipes au Tour de France). Dans ce cas là, l'équipe ne gagne pas l'étape. On revoit le final en vidéo, on affine les enchaînements et on essaye de faire mieux la prochaine fois. Il arrive également que, ne pouvant laisser passer son sprinteur, le lanceur fasse le sprint... et le gagne.

Nouvelle technique proposée hier par l'Australien Mark Renshaw : ouvrir une porte à coups de tête contre son vis-à-vis, l'Américain Julian Dean, poisson-pilote de l'équipe Garmin pour son sprinteur Tyler Farrar. La technique est efficace puisque Cavendish se glisse entre les barrières et Renshaw et remporte le sprint devant Petacchi (porteur du maillot vert de meilleur sprinteur) et Farrar. La technique est détestable en ce qu'elle instaure un climat de terreur dans le peloton. La technique est onéreuse puisque Mark Renshaw est exclu du Tour de France pour cette manoeuvre dangereuse. La technique est intéressante en ce qu'elle illustre sans doute un nouvel état d'esprit du peloton, et peut-être dans le sport, et peut-être dans la société en général : il faut gagner à n'importe quel prix.

Matinée de gala

Hier, j'ai eu la grande chance (merci Sylvie !) d'assister à la conférence de presse annonçant le parcours de l'édition 2008 du Tour de France. Oui, vous savez : ce feuilleton diffusé en juillet qui rassemble sur l'écran de vos télévisions et dans les pages de vos journaux des journalistes, des policiers, des directeurs sportifs, des médecins et - dans certains épisodes seulement - des coureurs cyclistes.

Beaucoup de fébrilité dans la très grande salle du Palais des Congrès (mais c'était peut-être moi qui était tout excité d'être là). Beaucoup d'hommes aussi. Presque que des hommes, en fait. Bien installés dans les fauteuils, entourés des représentants des villes étapes, on pense qu'on va passer la soirée là. Mais tout va trop vite. Le (beau) film qui revient sur les principaux événements de l'édition 2007, la présentation du parcours, le commentaire des différentes étapes par Christian Prudhomme et voilà. Le patron du Tour dit quelques mots sur le dopage, lance un vibrant "Touche pas à mon Tour". On applaudit, c'est terminé.

Pourtant, il y aurait tellement d'autres choses à faire. Une émission de télé par exemple...

Belle brève de comptoir

.flickr-photo { border: none; }.flickr-yourcomment { }.flickr-frame { text-align: left; padding: 3px; }.flickr-caption { font-size: 0.8em; margin-top: 0px; } DSC00301, originally uploaded by Martin.Menu. Installé tout à l'heure dans un bistrot où j'ai mes habitudes. Un homme entre. Foulard de soie autour du cou. Retraité. Il commande un café. Le garçon lui propose de l'Armagnac. La

Yellow Floyd

.flickr-photo { border: solid 0px #000000; }.flickr-yourcomment { }.flickr-frame { text-align: left; padding: 3px; }.flickr-caption { font-size: 0.8em; margin-top: 0px; } IMAGE_00022.jpg, originally uploaded by josj2006. Floyd Landis a remporté le 55e Tour de France, le premier de l'ère post-Armstrong et le dernier de l'ère Jean-Marie Leblanc. C'est aussi l'un des rares tours que je ne