Dix secondes, ce n'est pas beaucoup surtout si on se souvient que c'est exactement l'écart qu'avait pris Andy Schlek à Alberto Contador lors de l'étape entre Morzine et Avoriaz. Voilà pourquoi Andy Schleck parle ce matin d'une revanche de Contador, non pas pour minimiser ce qui s'est passé mais plutôt pour remettre ces 10 secondes en perspective.
Dix secondes, ce n'est pas beaucoup non plus si Contador voulait éblouir ses adversaires. Certes, il avait l'air très à son aise avec ses démarrages en deux temps comme à son habitude mais l'effet de surprise est perdu.De plus, pour gratter ces 10 secondes, Contador a repris Alexander Vinokourov, un de ses co-équipiers qui était devant, parmi les coureurs rescapés de l'échappée du matin. Et là, l'effet est désastreux. Car si Vinokourov n'avait que peu de chances de remporter l'étape compte tenu du départ de Joachim Rodriguez (le vainqueur à Mende), ce n'est pas exactement la même chose de perdre une étape, devancé par quelqu'un de son équipe pour qui vous vous étiez donné sans compter la veille. A Bourg-lès-Valence, dans le lancement du sprint, Contador est littéralement emmené sur la ligne d'arrivée par un Vinokourov héroïque. Contador avait une belle occasion de le remercier dès le lendemain. C'est raté.Pour gagner 10 secondes, Contador a donc perdu l'effet de surprise sur Schleck qui sait désormais à quoi s'en tenir sur la forme retrouvée de son adversaire. Il a également perdu une occasion de remercier l'un de ses précieux co-équipiers qui pourrait lui en tenir rigueur. Suivre les évolutions de la relation de Contador avec Vinokourov va être particulièrement intéressant dans les Pyrénées.
Hier, j'ai eu la grande chance (merci Sylvie !) d'assister à la conférence de presse annonçant le parcours de l'édition 2008 du Tour de France. Oui, vous savez : ce feuilleton diffusé en juillet qui rassemble sur l'écran de vos télévisions et dans les pages de vos journaux des journalistes, des policiers, des directeurs sportifs, des médecins et - dans certains épisodes seulement - des coureurs cyclistes.
Beaucoup de fébrilité dans la très grande salle du Palais des Congrès (mais c'était peut-être moi qui était tout excité d'être là). Beaucoup d'hommes aussi. Presque que des hommes, en fait. Bien installés dans les fauteuils, entourés des représentants des villes étapes, on pense qu'on va passer la soirée là. Mais tout va trop vite. Le (beau) film qui revient sur les principaux événements de l'édition 2007, la présentation du parcours, le commentaire des différentes étapes par Christian Prudhomme et voilà. Le patron du Tour dit quelques mots sur le dopage, lance un vibrant "Touche pas à mon Tour". On applaudit, c'est terminé.Pourtant, il y aurait tellement d'autres choses à faire. Une émission de télé par exemple...