Le packaging rétroéclairé, c'est pour demain

Il y a quelques jours, je publiais un billet sur les possibilités créatives en affichage offertes par les supports rétroéclairés du métro parisien (gros programme, petit billet). Aujourd'hui, je découvre sur Influencia que Fulton Innovation a présenté au CES de Las Vegas un système d'électricité sans fil qui fonctionne par induction. En gros : vous posez votre téléphone sur la table et il se recharge. Pas besoin de branchement, de chargeur etc.

Mais Fulton Innovation a également présenté une application tout à fait intéressante : le packaging rétroéclairé.

A la question "Quand aurons-nous ça dans les rayons de nos supermarchés", Brett Lewis (le monsieur de la vidéo) répond : "Heu... l'année prochaine ?". Avec des paquets de céréales qui clignotent sur la table du petit déjeuner, ça va être Noël tous les jours à la maison !

Les affiches du métro n'utilisent pas assez la lumière

Photo
Vous avez certainement vu ces derniers jours, dans les couloirs du métro, les affiches de deux films : Incendies et Le discours d'un roi. Aucun rapport entre ces deux films si ce n'est le traitement graphique de l'affiche : une photo en noir et blanc sur fond vif. Rouge pour Incendies. Jaune pour Le discours d'un roi (même si, cette semaine, on a vu apparaître des variantes de couleur pour Le discours d'un roi).


Sur les panneaux rétroéclairés du métro, la lumière traverse littéralement le papier et illumine le plafond et le sol des stations. On voit bien sur la photo ci-dessus les halos de lumière rose et jaune que font les affiches sur le plafond d'un des couloirs de la station Croix de Chavaux. Cette lumière inattendue attire l'oeil. On regarde l'affiche. On se demande ce que c'est et c'est très efficace. Dans d'autres stations, le panneau est positionné de telle manière qu'on voit la lumière rouge avant de voir l'affiche. C'est encore mieux.

Je ne me souviens pas d'avoir déjà observé cet effet à d'autres occasions. Peut-être par manque d'attention. Peut-être aussi que Media Transports a modifié la puissance des éclairages de ses supports, je n'en ai pas la moindre idée. En revanche, je trouve ça formidable parce que ça ouvre un champ de créativité tout à fait intéressant. En jouant sur les couleurs, les épaisseurs du papier de l'affiche, peut-être même sur des découpes, on pourrait imaginer des affiches tout à fait différentes de celles qu'on peut observer aujourd'hui. Des affiches plus interactives, mais une interactivité "low tech", physique et ludique. Imaginez un message imprimé à l'envers que le voyageur pourrait décrypter en plaçant un support devant le mot. Imaginez un fantôme qui glisse sur les murs du métro. Imaginez ce que vous voulez...

Bref, il y a encore de quoi inventer pour "tirer le meilleur parti de l'affichage par transparence". Et c'est pas moi qui le dit, c'est la fiche technique des supports (.pdf)

Un come back

En 2007, quelques jours après les altercations à la Gare de Nord et à moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, de curieux graffitis avaient fait leur apparition sur les murs de Montreuil, des graffitis très politisés, très loin "grafs" graphiques qu'on trouve habituellement dans les rues. Je m'en étais amusé dans un billet un peu (merle) moqueur.

Quelques semaines plus tard, entre les deux tours, d'autres graffitis - de moindre facture - avaient fleuri près des bureaux de vote. Là encore, je relayais l'information. J'ai depuis pris l'habitude de photographier chaque graffiti que je croise (pour peu qu'il signifie quelque chose de joyeux ou de grave). Bref, je suis attentif aux graffitis.

Cet après-midi, en allant chercher mon vélo abandonné depuis lundi place de la République après la désagréable crevaison de l'autre jour, j'ai eu l'heureuse surprise de croiser, boulevard Voltaire, un graffiti dans la même veine que ceux de l'artiste que je nommais "L'anarchiste". La multiplication des manifestations dans le triangle République / Bastille / Nation font craindre aux commerçants des débordements : Daniel Delattre, correspondant à Paris de la Libre Belgique a récemment remarqué que ceux-ci avaient tendance à fermer leur magasin les jours de manifestations... pour notre plus grand bonheur.

C'est en effet sur un rideau de fer qu'on retrouve avec plaisir la belle graphie d'écolier de notre "anarchiste" ("il écrit avec des boucles" comme dirait @Marguerito). Le message est impeccablement installé dans l'espace, ni trop haut, ni trop bas, ni écrit à la va-vite (quoiqu'on peut s'interroger sur le 3e "S" de "assassin").

Mais notre artiste a progressé depuis 2007 : le choix du support est particulièrement judicieux pour accentuer le caractère dramatique du message. Le reflet métallique du rideau de fer de la boutique est vraiment du plus bel effet ainsi que - comble de la coquetterie - la couleur choisie pour l'écriture du message. Rouge : rouge comme la révolution, rouge comme le sang de la révolte, rouge, peut-être, comme le sang du jeune homme blessé par un tir de flash-ball à Montreuil, blessé par un représentant de cet "état policier" que notre artiste veut dénoncer.