MMartin Live Journal

#n00b dans le secteur caritatif 
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#vvmc : le bilan

Alors d'abord je voudrais m'excuser par avance pour toutes les inepties que je vais écrire. Parce que mon expérience de 5 jours #vvmc n'est évidemment en rien comparable à la situation des "vraies" mère célibataires. Celles qui se sont retrouvées toutes seules, enceintes, avec un type qui ne répond plus au téléphone. Celles qui ont vu le mari partir le lendemain de la naissance ou plus tard, mais généralement sans les enfants. Celles qui se bagarrent tous les jours avec un seul salaire et plusieurs enfants alors que nous n'avons qu'un seul enfant et deux salaires.

A elles, à vous peut-être qui me lisez, je voudrais d'abord rendre un genre d'hommage mais je ne sais pas bien comment m'y prendre. Je voudrais vous dire que j'admire - que j'envie - votre force et votre abnégation. Votre capacité - là encore, ne sais que vous n'avez pas vraiment le choix - de mener de front une vie professionnelle, une vie sociale, une vie familiale. Quand il reste du temps, vous pensez à votre vie amoureuse mais vous n'avez pas tellement de temps, parce qu'il faut tout faire tous les jours. Et que vous n'avez pas tellement droit à l'erreur. Et que vous ne pouvez pas vous reposer sur quelqu'un pour filer un coup de main. Alors bien sûr, il y a les amies qui peuvent aider de temps en temps. Mais pour que tout fonctionne, il faut faire des choix. Et éliminer certaines options.

Je retiens trois choses de ma semaine #vvmc

1/ J'ai une petite fille extraordinaire avec laquelle je dois passer du temps. C'est un droit à elle que je dois respecter.

2/ J'ai beaucoup de chance. Mais alors vraiment beaucoup de chance et beaucoup plus de chance que ce que je pensais. Parce qu'il y a quelqu'un à mes côtés qui me permet de rentrer le soir à l'heure que je veux, d'aller travailler le week-end quand c'est nécessaire, d'avoir 120 % de mon temps de cerveau disponible pour mon employeur. Sans elle, rien n'est autant possible.

3/ Conclusion : ne pas attendre une nouvelle semaine #vvmc pour prendre soin de (1) et (2) mieux que je ne le fais maintenant.

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J'ai senti le piège se refermer et je me suis laissé faire #vvmc

4e jour. C'est pas moi qui ait pris la photo. C'est elle. Ca la faisait tellement rire de me coller un poisson dans le dos que je me suis dit qu'il fallait que l'image de cette journée, ce soit son rire à elle. Arrivé en retard à l'école. Pas vraiment en retard mais suffisamment pour que, au loin, on voit qu'il y a plus d'adultes que d'enfants qui attendent les derniers parents.

On rentre. On mange. Elle tombe comme une pierre. Je savais que ça pouvait lui arriver mais je n'avais jamais vu ça auparavant. Pas de bain. Pas de cheveux. Pas de lavage de dents. Juste le temps de lui mettre un pyjama pendant qu'elle tire sur la couette. Et puis c'est tout. 19h30, la maison toute silencieuse et la soirée pour soi.

Pour moi aussi, je savais que ça pouvait arriver. Que j'allais trouver beaucoup beaucoup de satisfaction dans cette semaine #vvmc. Du plaisir à être avec la petite. Un plaisir inédit parce 5 jours seul avec elle matin et soir, je ne me souviens pas que ça doit déjà arrivé au cours de ces 5 dernières années. Que 5 jours passées à quitter le boulot à 5 heures du soir, ça me change un peu de mes horaires habituels et ça force à respirer. Et que c'est bien pour tout le monde. Pour eux du bureau. Pour elles de la maison. Pour moi aussi.

Bilan demain.

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Si tu ne reviens pas (sur ta décision), j'annule tout #vvmc

3e jour. C'était prévu pour être la pause de la semaine. Trois rendez-vous fixés de longue date pour un combo apéro + dîner + verre du soir. Sauf que je vis mon expérience #vvmc à fond : cafouillage de nounou, nounou de secours indisponible et, malgré une intense mobilisation online, elle ne revient pas (sur sa décision) et j'annule tout. Grosse déception pour tout le monde.

Pas pour la petite. A la maison, c'est la plénitude. Bonne maîtrise du pack Office : les courses, le dîner, le cahier à signer, les jeux avec la petite (2-1 pour elle), la vaisselle, le petit coup de ménage pour terminer la journée, j'y arrive impeccablement. Je peux même commencer à penser à autre chose : arroser les plantes, jeter un oeil au courrier, remarquer que, tiens, les vitres, on pourrait peut-être les nettoyer un de ces jours. Tous ces trucs qui ne commencent à m'effleurer que le samedi matin en mode "jeune cadre dynamique".

Le truc que je n'arrive toujours pas à gérer, c'est le boulot. Surtout après des journées comme aujourd'hui, passées dans une salle de réunion. A part commencer sa journée à 22 heures, je ne sais pas bien comment il faut s'y prendre. Ca fait des horaires encore plus bizarres que d'habitude.

Après l'histoire, on s'est endormis tous les deux.

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Prend tous les risques avec Jack Bauer #vvmc

2e jour. Fort du succès d'hier, je cherche à repousser les limites. A la sortie de l'école, on rentre pas à la maison, on va au parc. Bien sûr, il a plu toute l'après-midi et les jeux sont absolument impraticables mais quelle importance ? "On va au parc", ça déclenche un tel enthousiasme qu'on ne va pas s'arrêter aux détails techniques. Au parc, c'est tout vide, c'est trempé, ça ne va pas. La petite glisse par terre, tombe, pleure. Elle est soudain fatiguée, ne veut plus marcher, grogne. La catastrophe annoncée ne se produit pas et, à force d'encouragements et de petits jeux dans la rue pour détourner son attention du chemin qui reste à faire, on termine la route de bonne humeur.

La suite de la soirée est à l'avenant : elle met le couvert, m'aide à débarasser, se brosse les dents sans même que j'ai besoin de le lui demander. Le soir, en s'endormant, elle me demande : "Tu diras à Maman que je suis sage et que je ne fais pas de caprices ?"

Pour l'accompagnement sonore de la session de repassage, j'ai privilégié Desperate Bauer aux Housewives. Dans les deux cas de figure, rallumer l'ordi à 23 heures après 6 heures d'interruption de programme, c'est quand même l'enfer.

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Vis ma vie de mère célibataire #vvmc

16h30 : je commence à regarder ma montre
17h00 : je termine un truc et j'y vais, portable en bandoulière
17h20 : je découvre la nouvelle formule du Monde
17h50 : le métro traîne un peu et je me demande si je vais arriver à l'heure
18h15 : j'arrive à l'heure
18h30 : je tente les courses avec la petite, pas l'habitude
18h45 : trombes d'eau en sortant du supermarché. Même pas peur
18h50 : arrivée à la maison, portable, sac à dos, sac à courses en bandoulière, journal sous le bras mais il me reste une main de libre pour faire traverser la petite. Ce serait bien si elle terminait la semaine en vie
19h00 : point presse sur la situation
19h05 : je culpabilise de préparer des poissons panés mais je prépare des poissons panés
19h10 : linge. J'ai certainement pas mis les produits dans le bon ordre mais ça va le faire
19h15 : grand débarbouillage et à table
19h30 : une amie passe-mais-ne-reste-pas. Je me demande si elle est en service commandé
19h45 : repas terminé. Table nettoyée
19h50 : jeu. Elle perd. Elle pleure
20h10 : au lit avec dents propres
20h15 : programme du soir : doudous, histoires, bisous
20h30 : endormie. Sentiment du devoir accompli (en partie seulement)
20h50 : vaisselle (done)
21h10 : linge étendu (done)
21h15 : vêtements pour demain (done)
21h25 : table du petit-déjeuner (done)

Seul à la maison avec une petite fille de 5 ans. Pour toute la semaine. Ouch. Un peu d'appréhension. Beaucoup d'excitation.

21h40 : billet terminé. Reprend la journée de boulot là où je l'avais laissé.

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Amertume

Il y a des jours, comme ça, on entre dans un bistrot, on commande un demi qu'on avale d'un trait. Juste pour mettre en accord l'amerture dans la bouche et l'amertume dans la tête.

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Manquement

C'est parce qu'elle ne répondait pas à la porte que le kiné est descendu voir la gardienne. Ils sont entrés ensemble : elle était partie pendant la nuit. On habite sur le même palier mais les horaires, les modes de vie, notre façon de fonctionner et la sienne faisait qu'on ne se croisait peu. Je pourrais reconnaître son visage mais je ne connais pas son nom.

Je savais qu'elle était malade. Je savais que ses enfants étaient loin. J'avais remarqué qu'elle ne sortait plus beaucoup. Depuis quelques jours, avant de me coucher à mon tour dans la maison endormie, j'entendais son téléviseur de l'autre côté de la cloison. J'aurais pu taper à la porte. Au moins une fois. En voisin. Juste pour bavarder quelques instants, pour rompre un peu sa solitude. Je ne l'ai pas fait. Toujours quelque chose de plus important. Ou de plus urgent.

Maintenant, de l'autre côté de la cloison, j'entends le téléphone sonner. Personne pour répondre.

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Body art

Et pendant qu'on est devant le poste à regarder Jean-Luc Petitrenaud présenter le lycée horticole et paysager de la Fondation d'Auteuil à Saint-Philippe de Meudon, à téléphoner à la famille pour leur dire "Allumez vite la télé sur France 5 !", il y en a une qui profite de notre agitation pour abandonner ses grandes feuilles de papier et changer de support.

Si, plus tard, elle décide de devenir tatoueuse, personne ne devra s'en étonner. Depuis toujours, ça l'intéresse.

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Un couple moderne

     

16h15. Elle me demande par SMS si je peux aller chercher la petite à l'école
20h12. Elle rentre, dit qu'elle est crevée, se sert un verre de blanc
20h14. Elle trouve que mon dîner n'a pas une bonne tête
20h15. Elle décide de se faire des pâtes, ça sera toujours mieux
20h19. Le téléphone sonne. C'est sa cousine.
20h21. Elle embrasse la petite
20h22. Elle m'embrasse moi
20h33. Elle part au cinéma, ou peut-être chez IKEA, le programme n'est
pas définitif.
20h34. J'arrête l'eau des pâtes

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Premier arc-en-ciel de l'année

Marre des mauvaises nouvelles. On veut du bon, du bien, du doux. On veut de l'arc-en-ciel pour illuminer la nuit, crever les nuages, aveugler les orages.

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