La preuve de l'existence de Dieu (selon @Marguerito).

Discussion à table, tout à l'heure. Je sais plus bien de quoi on parlait mais comme on est en famille, on évite soigneusement les sujets qui fâchent. On parle pas de politique, on parle pas d'argent et quant à la religion, la seule question envisageable concerne la date du baptême d'Ernest.

Mais voici Marguerite (6 ans), qui prend la parole :

C'est bête de pas croire que Dieu existe. Parce que Jésus, il a existé, tout le monde est d'accord. Et Dieu, c'est le père de Jésus. Donc, si Jésus a existé, il faut bien qu'il ait un papa. Et donc, Dieu existe, forcément.

Nous qui pensions, avec #madame, inscrire Marguerite à La Cambre, on va peut-être changer notre fusil d'épaule (mais toujours à Bruxelles, hein...)

Héritage.

 

Quand j'étais petit, je me souviens que ma mère qui nous emmenait régulièrement dans sa Renault 5 à la Poste du Louvre tard le soir pour y faire des trucs importants et mystérieux.

On partait la nuit tombée. Fallait pas rigoler. Fallait arriver à l'heure. Ca parlait de cachet de la Poste faisant foi. On se garait en double file. Elle nous laissait dans la voiture le temps de. On se demandait si elle allait revenir. On avait un peu peur.

Mais oui elle revenait. Toujours avec le sourire et les pommettes un peu rouges et surtout un air soulagé parce que voilà, les lettres étaient postées et maintenant "mes petits loups", on peut rentrer à la maison.

Ce soir, c'est mon tour.

A mon contact, le hip hop reste comptine.

Ce qu'il y a de bien dans les différents centres de loisirs que fréquente Marguerite à Montreuil, c'est que les animateurs sont bien au taquet sur l'éducation musicale. On a eu Shakira en 2010 jusqu'à plus soif. L'année dernière, c'était plutôt Sexion d'Assaut. Là, cette année, ça commence à déraper pour de bon avec Magic System (et la chorégraphie déhanchée qui va avec) et surtout l'idole des 5-7 ans : Colonel Reyel.

Là, deux écoles : soit on essaye de rester impassible quand elle se met à fredonner dans la rue "Aurélie n'a que 16 ans et elle attend un enfant..." en priant secrètement pour qu'elle ne comprenne rien aux paroles, soit on fait la police en cherchant à lui interdire de chanter ce genre de chansons pas-de-ton-âge. Peine perdue dans les deux cas, évidemment.

D'où la 3e voie : la phagocytose. On a acheté cette semaine "A pas de velours", un disque de 28 berceuses qu'on passe en boucle dans la maison. Elle en connaît déjà certaines, les chante à son petit frère (le disque, à l'origine, c'était pour lui), en découvre d'autres et notamment cette ravissante "Berceuse de Sainte Marguerite" qui m'enchante.

Pourtant, quand on écoute bien les paroles, le sujet, c'est à peu près le même que Colonel Reyel et ce qui se passe dans sa Twingo, ça se passera sans doute aussi dans ma berceuse : "Quand quinze ans seront passés / Il faudra la marier / avec un garçon sage / qu'ils fassent bon ménage / dans une chambrette".

Les histoires d'enfant finalement, ça reste toujours des histoires de princes et de princesses, c'est juste la forme qui change un peu.

PS. La photo qui illustre ce billet, les spécialistes l'auront reconnue : c'est la pochette d'Egomaniac, le dernier album de Joey Starr. Je l'ai acheté. Je l'écoute en boucle. Ce sera un autre billet, un autre jour.

Plus belle la vue.

La dernière fois que j'ai changé de lunettes, c'était en 2000. Je partais au Sultanat d'Oman faire mon service militaire. Je les avais choisie dans la boutique qui se trouvait à l'angle de la rue Mouffetard et de la rue de l'Epée de bois et c'est ma mère qui m'avait avancé l'argent. Avec #madame, on habitait un peu plus bas dans un petit appartement de 20 m² qu'on payait un peu avec ce que je gagnais comme lecteur de presse chez Exactitude, un peu avec l'argent de ses parents. Je travaillais pour le laboratoire d'archéologie de l'Ecole normale supérieure. Elle était encore étudiante. On n'avait pas d'enfant et on allait se séparer pour 18 mois. On ne savait pas trop ce que l'avenir nous réservait mais on se faisait confiance. On avait confiance.

Aujourd'hui, c'est 2011. Je change de lunettes pour la première fois depuis 11 ans. L'ophtamologue s'est étranglé. L'opticien m'a demandé de répéter. 11 ans ? C'est moi qui ait payé cette fois, en 3 fois. Je travaille chez Apprentis d'Auteuil depuis bientôt 3 ans après avoir passé 7 ans chez Publicis et #jaimemaboite. On habite Montreuil depuis quelques années dans un appartement de 70 m² qui nous plaît bien mais qu'on va devoir sans doute quitter, un peu pour des questions de temps de trajet (les miens), un peu pour des questions d'argent parce qu'habiter dans les beaux quartiers de Montreuil, on n'y arrive plus. Quant à #madame, elle est en congé maternité parce qu'il y a tout juste un mois, nous avons eu la joie d'accueillir dans notre famille un petit Ernest, un petit garçon qui arrive après Marguerite, née en 2005. La demoiselle ne sait pas trop ce qu'elle doit penser de ce petit frère. Des fois, elle est ravie parce qu'elle découvre l'intérêt d'être la "grande soeur". Des fois, elle est pas ravie parce que son petit frère qui lui a piqué son statut de "petit" (et du temps de ses parents). On espère que les choses vont aller dans le bon sens mais on ne sait pas bien ce que l'avenir nous réserve. Reste que #madame et moi, on se fait confiance. On a confiance.

Encore les maths.

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Tiens, mais regardez ce que je découvre à la gare de Meudon Val Fleury ? Quel thème a été choisi par Auchan pour faire la promotion des articles de la rentrée ? Les maths !

Peut-être que @Marguerito a bien raison de mettre le paquet sur cette matière. Entre les bourses mondiales qui s'effondrent et les postes de professeurs qui ne trouvent pas de candidats, il va y avoir du pain sur la planche pour les amateurs d'addition.

Rue Apprentis d'Auteuil.

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Petit moment ce matin avec @Marguerito, avant de reprendre le travail. On traîne vers Reuilly-Diderot, direction la Promenade plantée aménagée sur l'ancienne voie de chemin de fer qui reliait Bastille à Saint-Maur. Pas de chance, le site est interdit aux rollers et c'est justement ça qu'on était venus faire.

Donc changement de programme et on reste en bas. Je devais avoir la tête déjà au bureau puisqu'en passant près du magasin Go Sport, je découvre cette rue au nom inattendu : voie AA/12... AA, comme... Apprentis d'Auteuil évidemment. C'est un passage pas très engageant... que le gérant du magasin Go Sport jugeait bon de faire nettoyer avant la rentrée de septembre.

Il existe déjà, à Paris, une (courte et étroite) avenue de l'abbé Roussel qui débouche pratiquement sur l'entrée du siège social au 40, rue Jean de La Fontaine et, en parallèle, une rue du Père Brottier (qui possède aussi sa rue à Sannois, dans le Val-d'Oise, à Tournan-en-Brie, en Seine-et-Marne et à Meudon, dans les Hauts-de-Seine, trois villes dans lesquelles Apprentis d'Auteuil est implanté depuis longtemps).

En rédigeant ce billet, je découvre des rues du Père Brottier à Angoulins (Charente-Maritimes), à Blois (Loir-et-Cher), à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), à Nîmes (Gard) mais là, mes connaissances ne me permettent pas de dire sans recherche si Apprentis d'Auteuil avait des établissements dans ces agglomérations par le passé. Je vais chercher (et si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas).

Toujours est-il qu'il n'existe pas de rue "Apprentis d'Auteuil". Décidons que ce soit celle-là.

#vvmc : le bilan

Alors d'abord je voudrais m'excuser par avance pour toutes les inepties que je vais écrire. Parce que mon expérience de 5 jours #vvmc n'est évidemment en rien comparable à la situation des "vraies" mère célibataires. Celles qui se sont retrouvées toutes seules, enceintes, avec un type qui ne répond plus au téléphone. Celles qui ont vu le mari partir le lendemain de la naissance ou plus tard, mais généralement sans les enfants. Celles qui se bagarrent tous les jours avec un seul salaire et plusieurs enfants alors que nous n'avons qu'un seul enfant et deux salaires.

A elles, à vous peut-être qui me lisez, je voudrais d'abord rendre un genre d'hommage mais je ne sais pas bien comment m'y prendre. Je voudrais vous dire que j'admire - que j'envie - votre force et votre abnégation. Votre capacité - là encore, ne sais que vous n'avez pas vraiment le choix - de mener de front une vie professionnelle, une vie sociale, une vie familiale. Quand il reste du temps, vous pensez à votre vie amoureuse mais vous n'avez pas tellement de temps, parce qu'il faut tout faire tous les jours. Et que vous n'avez pas tellement droit à l'erreur. Et que vous ne pouvez pas vous reposer sur quelqu'un pour filer un coup de main. Alors bien sûr, il y a les amies qui peuvent aider de temps en temps. Mais pour que tout fonctionne, il faut faire des choix. Et éliminer certaines options.

Je retiens trois choses de ma semaine #vvmc

1/ J'ai une petite fille extraordinaire avec laquelle je dois passer du temps. C'est un droit à elle que je dois respecter.

2/ J'ai beaucoup de chance. Mais alors vraiment beaucoup de chance et beaucoup plus de chance que ce que je pensais. Parce qu'il y a quelqu'un à mes côtés qui me permet de rentrer le soir à l'heure que je veux, d'aller travailler le week-end quand c'est nécessaire, d'avoir 120 % de mon temps de cerveau disponible pour mon employeur. Sans elle, rien n'est autant possible.

3/ Conclusion : ne pas attendre une nouvelle semaine #vvmc pour prendre soin de (1) et (2) mieux que je ne le fais maintenant.

J'ai senti le piège se refermer et je me suis laissé faire #vvmc

4e jour. C'est pas moi qui ait pris la photo. C'est elle. Ca la faisait tellement rire de me coller un poisson dans le dos que je me suis dit qu'il fallait que l'image de cette journée, ce soit son rire à elle. Arrivé en retard à l'école. Pas vraiment en retard mais suffisamment pour que, au loin, on voit qu'il y a plus d'adultes que d'enfants qui attendent les derniers parents.

On rentre. On mange. Elle tombe comme une pierre. Je savais que ça pouvait lui arriver mais je n'avais jamais vu ça auparavant. Pas de bain. Pas de cheveux. Pas de lavage de dents. Juste le temps de lui mettre un pyjama pendant qu'elle tire sur la couette. Et puis c'est tout. 19h30, la maison toute silencieuse et la soirée pour soi.

Pour moi aussi, je savais que ça pouvait arriver. Que j'allais trouver beaucoup beaucoup de satisfaction dans cette semaine #vvmc. Du plaisir à être avec la petite. Un plaisir inédit parce 5 jours seul avec elle matin et soir, je ne me souviens pas que ça doit déjà arrivé au cours de ces 5 dernières années. Que 5 jours passées à quitter le boulot à 5 heures du soir, ça me change un peu de mes horaires habituels et ça force à respirer. Et que c'est bien pour tout le monde. Pour eux du bureau. Pour elles de la maison. Pour moi aussi.

Bilan demain.

Si tu ne reviens pas (sur ta décision), j'annule tout #vvmc

3e jour. C'était prévu pour être la pause de la semaine. Trois rendez-vous fixés de longue date pour un combo apéro + dîner + verre du soir. Sauf que je vis mon expérience #vvmc à fond : cafouillage de nounou, nounou de secours indisponible et, malgré une intense mobilisation online, elle ne revient pas (sur sa décision) et j'annule tout. Grosse déception pour tout le monde.

Pas pour la petite. A la maison, c'est la plénitude. Bonne maîtrise du pack Office : les courses, le dîner, le cahier à signer, les jeux avec la petite (2-1 pour elle), la vaisselle, le petit coup de ménage pour terminer la journée, j'y arrive impeccablement. Je peux même commencer à penser à autre chose : arroser les plantes, jeter un oeil au courrier, remarquer que, tiens, les vitres, on pourrait peut-être les nettoyer un de ces jours. Tous ces trucs qui ne commencent à m'effleurer que le samedi matin en mode "jeune cadre dynamique".

Le truc que je n'arrive toujours pas à gérer, c'est le boulot. Surtout après des journées comme aujourd'hui, passées dans une salle de réunion. A part commencer sa journée à 22 heures, je ne sais pas bien comment il faut s'y prendre. Ca fait des horaires encore plus bizarres que d'habitude.

Après l'histoire, on s'est endormis tous les deux.