Never give up

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En rentrant tout à l'heure, j'ai vu la campagne d'appel au don de l'Observatoire International des Prisons dans le métro. J'avais vu cette campagne d'abord sur Twitter, puis dans la presse avec son visuel ambigu et sa signature dérangeante : "Si ça peut vous aider à donner, dîtes-vous que cet homme est un chien".  puis via l'interview de Thomas Reichling-Meldegg directeur de création de l'agence H, qui a travaillé gracieusement pour l'OIP. Mais c'est la première fois que je vois l'affiche in situ. Dans la rue. Et, puisque Patrick Marest, président de l'OIP, explique dans l'annonce qu'il fait de la campagne qu'il "sera intéressant d'observer l'ampleur des réactions", je me lance.

Un bon gars
Le détenu que nous présente l'OIP ne ressemble pas tellement à l'idée que se fait le grand public d'un prisonnier. Le type, c'est un gamin. En insistant un tout petit peu, on pourrait trouver qu'il ressemble à un Justin Timberlake et à bien le regarder dans les yeux, de beaux yeux, on se demande bien ce qu'il a fait pour arriver là. Alors oui, on va l'aider ce petit gars. On va aider l'OIP pour que les conditions dans lesquels ce jeune homme purge sa peine (sans doute injuste) soient les meilleures possibles.

Entre chien et loup
En posant sur ce jeune homme une signature forte : "Si ça peut vous aider à donner, dîtes-vous que cet homme est un chien", l'OIP donne un sens nouveau au message visuel. Le regard doux, le poil jaune... ce n'était pas pour attendrir le spectateur sur le sort des prisonniers en France que le choix du mannequin s'est porté sur ce jeune homme mais pour favoriser l'assimilation du détenu avec un animal. Plutôt un chien qu'un "fauve" ou un "prédateur" pour reprendre les termes cités par Thomas Reichling-Meldegg dans son interview. Un gentil chien.

Et ce thème du chien, c'est quand même un truc très réussi. Parce qu'il permet de faire passer deux messages en une seule affiche : un message d'interpellation sur la situation des détenus "traités comme des chiens" dans les prisons en France et un message d'empathie sur le "gentil chien-chien" abandonné sur une aire d'autoroute un 1er juillet et qui a besoin d'aide. De votre aide. De votre argent.

Une prise d'otage
Maintenant, il y a quand même un problème. C'est dans la façon dont est formulé le message : "Si ça peut vous aider à donner, dîtes-vous que cet homme est un chien." Cette formulation prend acte - et dénonce assez explicitement - qu'il est parfois plus facile de donner pour une association qui aide les (gentils) animaux que pour une association qui aide les (coupables) condamnés. Et cette annonce renvoie le spectateur-donateur à s'interroger non pas sur sa perception de la situation dans les prisons en France (ce qui serait légitime de la part de l'OIP) mais sur ses motivations à donner pour des associations qui aident les animaux... quelques mois après la publication d'un rapport "au vitriol" de la Cour des comptes sur la SPA. La campagne cherche à culpabiliser le donateur et le prend en otage et je ne sais pas si c'est une bonne manière de faire pour susciter son adhésion.

Un renoncement
La où la Fondation Abbé Pierre parvenait parfaitement à gérer les deux aspects émotion / adhésion dans sa campagne de novembre 2008, ce qui me frappe finalement dans cette campagne de l'OIP, c'est cette impression de renoncement. Renoncement à un discours d'adhésion pour un discours de l'émotion, une émotion brute, provoquée, implorée, qui met finalement l'émetteur en position de faiblesse. Au profit d'un message spectaculaire... mais stérile.

Une question
A mon sens, dans la "nouvelle relation média" (cf. le billet d'Eric Scherer sur l'économie de l'attention) qui se noue entre les producteurs d'information - et les associations caritatives en font partie - et les consommateurs, les "vainqueurs" sont ceux qui sauront nouer une relation discrète, intime, personnelle avec leurs publics. Le spectaculaire, je n'y crois pas. Il attirera l'attention immédiate mais sera remplacée dans l'esprit du grand public par l'action encore plus spectaculaire suivante. Sans pédagogie. Sans adhésion. Sans prise en compte de l'intelligence du spectateur. Cette communication spectaculaire, émotionnelle se place dans le sillage de la "pipolisation" ambiante. J'ai beaucoup de mal avec ça. Never give up.

Super Mario Marathon 2 accélère le tempo

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Avant d'aller vous coucher ce soir, ayez une petite pensée pour Brian Brinagar, John Groth et Chris Deckard. Ces trois garçons sont en train de terminer leur deuxième Super Mario Marathon. Depuis vendredi, les trois gamers de choc ont enchaîné Super Mario Bros 1, 2 et 3, Super Mario World, Mario 64, Mario Sunshine et Mario Galaxy. Tout est filmé et diffusé sur Ustream.

L'année dernière, au cours du premier Super Mario Marathon, ils avaient récolté plus de 10 000 dollars au profit de l'association Child's Play. Cette association caritative distribue des consoles, des jeux et des livres à des enfants hospitalisés aux Etats-Unis et au Canada mais l'association aide également un hôpital en Australie, en Angleterre et un autre en Egypte. Cette année, ils souhaitent doubler la mise. A l'heure où j'écris ces lignes, ils ont déjà récolté plus de 19 000 dollars. Je ne prends pas trop de risques en pronostiquant qu'ils vont atteindre facilement leur objectif surtout qu'ils sont parvenus à bien faire parler d'eux, notamment via un article de Mashable et un hastag Twitter #mariomarathon qui fait des merveilles.

Avec leur Super Mario Marathon, les trois compères reprennent le flambeau de Cameron Banga qui, en juillet 2007, s'était lancé comme défi de terminer Zelda 3D en moins de 48 heures. Les internautes pouvaient déjà donner à l'association Child's Play et Cameron et ses copains avaient alors récolté 2 000 dollars. Deux ans plus tard, en pleine crise économique, les Mario marathoniens vont décupler la mise.

Un widget permet de donner facilement quelques dollars et de relayer l'opération sur son site, les dons les plus importants sont répertoriés sur le site et on peut suivre sur Ustream les réactions des internautes et leurs messages de soutien. Bref... un week-end probablement inoubliable pour la petite bande de l'Indiana qui propose d'ores et déjà quelques conseils pour organiser un tel événement et une très belle opération de communication pour Child's Play.

Les yeux mouillés

Ogilvy et Shilo ont réalisé un spot de soutien au peuple birman. Le design sonore est signé par Good Sounds. Et le spot a été commandé par MTV.

Ce film est beau. Il est superbe. Il m'a mouillé les yeux. Et je voulais vous le montrer. Pour vous le montrer, d'abord. Et pour remuer le truc aussi, même loin, même impuissant, comme ils disent chez Business Garden : "(...) si vous relayez la vidéo, essayez de parler un minimum de la situation pour que vos lecteurs comprennent...c'est le moins qu'on puisse faire pour ce peuple !"

Ca a l'air un peu con, pourtant, de faire un spot avec un site web sur lequel les internautes peuvent envoyer un petit message d'encouragement entre deux gorgées de Coca Zero et un check de leurs stats sur Feedburner alors que, de l'autre côté de la planète, des gars cherchent à trouver de l'eau potable, malgré les cadavres qui se décomposent depuis une semaine, les premiers cas de choléra et de nouvelles pluies torrentielles.

Le bilan officiel du cyclone s'élève à 43 318 morts et 27 838 disparus mais la presse anglaise a récemment évoqué le chiffre de 200 000 victimes tandis que l'ONG Oxfam prédit 1,5 millions de morts compte tenu de la lenteur des secours et le refus des autorités d'organiser une opération humanitaire d'envergure. De son côté, la junte birmane claironne que le projet de nouvelle constitution a recueilli 92 % des suffrages lors d'un référendum prévu de longue date et maintenu malgré les circonstances.

Demain, le Mistral arrivera au large de la Birmanie avec à son bord 1 000 tonnes de fret. Reste à savoir qui et comment ce matériel sera distribué : "Hier, le ministère de la Défense n'était pas en mesure de préciser dans quelles conditions l'aide serait délivrée. Avant de décharger sa cargaison humanitaire, le Mistral devra, en effet, obtenir le feu vert des autorités birmanes" précise l'équipe du site Mer & Marine.

Demain également, le réseau Info-Birmanie organise une manifestation de soutien "Tous solidaires avec le pleuple birman" au Trocadéro à 14 heures.

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Edit du soir : encore des bonnes nouvelles de la Birmanie. D'abord Kyaw Tint Swe, ambassadeur de la Birmanie à l'ONU, a accusé la France d'avoir envoyé un "navire de guerre" à la limite de ses eaux territoriales. Ce qui donne un peu l'ambiance des négociations qui se tiennent en coulisses. Ensuite, la junte a revu à la hausse le nombre de victimes : 134 000 personnes tuées ou disparues. C'est bien. Ca ouvre les yeux.