La Machine à trier : comment la France divise sa jeunesse.

Ce soir à l'ESCP Europe (79, avenue de la République dans le 11e arrondissement de Paris), Xavier Bertrand, ministre du Travail et Vincent Peillon, chargé des questions scolaires dans l'équipe de François Hollande, viendront débattre autour du  thème "En finir avec la Machine à trier la jeunesse" dans le cadre d'une soirée organisée par la fondation ManpowerGroup pour l'emploi.

(NDLR : cette fondation soutient le projet DEPAR, un dispositif d'Apprentis d'Auteuil qui a pour objectif de "sécuriser l'orientation des jeunes vers l'alternance et de prévenir les ruptures en cours de formation et d'emploi. Illustration avec le reportage qu'a consacré Télématin à la plateforme de Fournes-en-Weppes).

Ce débat fait suite à la publication d'un ouvrage collectif signé Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo, Olivier Galland et André Zylberberg dont je vous livre un morceau de la 4e page de couverture. Je vous en recommande aussi la lecture.

La jeunesse française est coupée en deux, certains s'en sortent, d'autres non. Cette césure est le résultat d'un système social élitiste où l'école et le marché du travail servent de machines à trier. Au bout du compte, les plus faibles sont implacablement éliminés, tout en étant pratiquement exclus des aides sociales jusqu'à 25 ans. Mis à l'écart, ils tendent à déserter les urnes et à renier les fondements de la démocratie.

J'y serai avec quelques collègues d'Apprentis d'Auteuil. On se retrouve là-bas ?

 

4 mains + 2 claviers = 1 billet pour la jeunesse en difficulté (featuring @Vogelsong)

Mardi dernier, vous vous en souvenez, Apprentis d'Auteuil dévoilait son Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté, un ouvrage de 80 pages dans lequel "nous" (c'est le "nous" corporate : je n'ai pas écrit une ligne de l'ouvrage) mettons en avant notre regard et notre expérience dans trois domaines liés à la jeunesse en difficulté : le décrochage scolaire, le rôle éducatif des parents et l'insertion socio-professionnelle.

A cette occasion, une soirée avait été organisée au 40 en présence d'une douzaine de blogueurs Education / Société / Politique dont vous pouvez voir une photo de famille (partielle) ici. Si l'objectif de cette rencontre était surtout de faire connaissance, "on" (là, par contre, c'est le "on" inclusif) est ravi que certains d'entre eux aient rapidement relayé notre action, avant la rencontre pour Pierre-Edoudard Garnier, juste après pour Koztoujours ou Papaseb.

Le schéma inédit, c'est @Vogelsong qui l'a inventé en me demandant de "jeter un oeil" à un billet qu'il avait préparé puis en me proposant de le co-signer. Un genre de co-branding pour la bonne cause entre l'auteur d'un blog dans le top 20 des blogs politiques en France et un chargé de communication d'Apprentis d'Auteuil dont l'un des aspects du boulot consiste précisément à faire la promotion de son employeur. Pas forcément naturel pour un blogueur d'ouvrir les colonnes de son blog à un tiers. Pas complètement simple pour un chargé de communication d'expliquer à un blogueur que "ce paragraphe, tu comprends, je ne sais pas si on peut vraiment dire les choses comme ça."

En tout cas une bonne expérience et une belle marque de confiance. Le billet, je vous laisse le découvrir sur LeLab d'Europe 1 et sur son blog.

Merci @Vogelsong et à tous ceux, blogueurs, twitter-ers, Facebookiens qui publiez, sharez, retweetez et partagez les différents billets et contenus mis en ligne depuis la semaine dernière et qui donnent à voir une autre image de la jeunesse en difficulté : une image de réussite.

Jeunesse : notre contribution au débat.

Il y a bientôt 3 ans, je quittais Publicis pour rejoindre la direction de la communication de la Fondation d'Auteuil. Le premier sujet de la première réunion à laquelle j'ai assisté lors de mon premier jour, c'était "Notoriété". La direction générale avait pris la décision de lancer une réflexion sur l'image de l'institution et - je rentre pas dans les détails - on se remontait les manches.

Du sang, de la sueur et des larmes ont coulé sous les ponts depuis cette réunion. J'ai eu l'immense chance de pouvoir participer à certaines phases du projet, parfois de très près, parfois d'un peu plus loin mais dans l'ensemble, la petite musique était bien dans l'air. Après un an de travail, au cours de l'été 2010, la Fondation d'Auteuil devenait Apprentis d'Auteuil et maintenant qu'on savait comment on s'appelait, on allait pouvoir commencer à parler. "D'où tu me parles ?" comme ils disent, les jeunes. On avait la réponse maintenant.

Nouvelle phase de travail et nouvelle étape qui a été franchie aujourd'hui avec la publication d'un Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté, un ouvrage de 80 pages dans lequel, dans trois domaines bien spécifiques (le décrochage scolaire, le rôle éducatif des parents, l'insertion socio-professionnelle), Apprentis d'Auteuil dresse un état des lieux, présente son expérience dans le domaine et propose - très modestement - sa contribution au débat.

Parce qu'il doit y avoir un débat. C'est ça qui nous intéresse. Que le sujet émerge et qu'on regarde les choses bien en face. Nous, on est prêts maintenant. On viendra vous dire comment ça se passe pour les jeunes qu'on a chez nous. Quelles sont leurs difficultés et celles de leur famille. Et quelles pourraient être les solutions, parfois toutes simples, parfois moins, pour leur permettre de remettre le pied à l'étrier.

Pour y parvenir, on a essayé de faire les choses bien : conférence de presse le matin, plateau télé à midi et le soir, le DGA qui présentait la démarche à des blogueurs rassemblés pour l'occasion à la brasserie d'application du lycée Sainte-Thérèse, au 40, rue Jean de La Fontaine. La veille, partout en France, des centaines d'exemplaires ont été envoyé à des députés, des sénateurs, des présidents de conseil général, des candidats déclarés ou pas complètement et puis tous les soutiens, les amis, les gens qui comptent et ceux sur qui on aimerait pouvoir compter.

Le Plaidoyer, vous pouvez le lire via le site mais pour ceux qui préfèrent une version papier, c'est possible aussi : envoyez un email à cette adresse :
plaidoyer.jeunesse@apprentis-auteuil.org

Merci de votre aide.

Message d'accueil.

Ce matin, allez savoir pourquoi, j'ai changé de trottoir en remontant la rue Charles Infroit, à Meudon (la rédaction de ce billet me permet d'ailleurs d'apprendre qui est Charles Infroit, dont la fin de vie semble avoir été aussi raide que la rue qui porte son nom). Et devant le numéro 11, qui est en chantier, ce superbe graffiti d'amoureux : "Réinventons l'amour Camille."

J'ai d'abord imaginé un fougueux jeune homme venant exprimer la violence de ses sentiments sur le mur bien blanc qui fait face au balcon de sa dulcinée.

Mais on pourrait très bien imaginer autre chose : Camille est un garçon et l'auteur du tag une fille.

Encore autre chose : ce ne sont pas des jeunes mais des adultes qui, en rentrant d'un dîner, arrêtent leur voiture en plein milieu de la rue, l'un de deux descend de l'automobile et va griffonner sa flamme sur ce mur croisé par hasard. Ils n'habitent pas ici. Ils sont juste de passage.

Encore autre chose : pourquoi spontanément penser à un couple hétérosexuel ? Pourquoi pas un couple homosexuel ? J'imagine qu'eux aussi gravent leurs noms au canif sur l'écorce des arbres, s'écrivent des mots doux et des graffitis. La formule est bien d'Arthur Rimbaud, qui écrivait dans Une saison en enfer : "Il dit : "Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, coeur et beauté sont mis de côté : il ne reste que froid dédain, l'aliment du mariage aujourd'hui (...)"

Camille, garçon ou fille, merci en tout cas d'avoir suscité un tel élan : il m'a permis de terminer ma montée le coeur plus léger.