Transports amoureux
Tu es jeune, tu es belle, les tresses lourdes et noires de ta chevelure me font penser à celles que porte la ravissante Nefret depuis 4 500 ans, nous attendons ensemble le RER C à la gare de Meudon, nous montons dans le même wagon et tu t'asseois près de moi comme Nefret est assise à côté de Nahotep mais, au bout d'un moment, quand des places se libèrent, tu changes d'avis et tu vas voir ailleurs. Dans les couloirs de la gare d'Austerlitz, je me demande si les talons qui me suivent et qui claquent à deux mètres derrière moi, ce sont les tiens. La réponse, c'est oui, parce qu'après m'avoir suivi, tu changes d'avis et tu me dépasses, tu sautilles sur les marches de l'escalator et tu disparais au sommet. Je te retrouve quelques mètres plus tard, piégée dans un portillon. Je te libère. Tu me remercies. On échange quelques mots, je ne sais plus lesquels, on se regarde un peu, on se fait un peu des sourires mais finalement, on change d'avis et on se sépare ici. Dans la poche de ma veste, j'ai retrouvé nos tickets. C'était la Saint-Valentin.
