Viva la regrecion !
Tsss... les anarchistes de Montreuil qui prennent Musti comme emblème. Musti, l'un des héros de mon enfance !
Tsss... les anarchistes de Montreuil qui prennent Musti comme emblème. Musti, l'un des héros de mon enfance !
Dans l'immeuble, on adore s'écrire entre voisins, se laisser des petits messages, parfois agréables, parfois moins. Tout ça, ça se passe dans l'ascenseur.
Ce soir, ma voisine du premier étage fête son anniversaire. Ma voisine du premier étage, je la connais pas. Je pourrais la croiser dans la rue que je saurais pas que c'est elle. On doit être plusieurs dans l'immeuble, dans ce cas-là, sauf qu'en fait on la connaît tous, et notamment ses fêtes d'anniversaire.
Voilà un an ou deux, tous les invités s'étaient retrouvés vers 5 heures du matin sur le balcon pour chanter la Marseillaise à plein poumons (pourquoi pas ?) et jeter toutes les bouteilles vides par la fenêtre. Ca avait fait un tas d'histoires.
Alors en découvrant tout à l'heure ce petit mot laissé dans l'ascenseur, forcément, on se dit qu'on ne va peut-être pas bien dormir.
Ce matin, je traverse la Croix de Chavaux, direction Saint-André. De la bouche du métro surgit un homme, un Noir, survêtement blanc, casquette blanche, il court à bonnes foulées, comme celui qui cherche à attraper un bus. Mais je ne vois pas de bus, je vois un sac à main qu'il tient contre lui.
Quelques secondes plus tard, un deuxième homme surgit du métro et court dans la même direction. Il est petit, plutôt athlétique et d'origine maghrébine. Il court bien plus vite que le premier et le rattrape. L'autre ne cherche pas plus loin et arrête de courir, lui donne le sac et s'éloigne. L'homme revient vers le métro à petites foulées avec le sac à la main.
Dans l'escalier, il rejoint une femme asiatique qui lui serre les mains et le remercie bruyamment. Elle crie, peut-être est-elle même en train de pleurer, je ne sais pas bien. En tout cas, elle est bien contente.
Il y a beaucoup de Montreuil dans cette scène. Des gens différents par leur histoire et leur origine mais qui restent liés par une certaine idée commune de ce que doit être la vie ensemble.
Ramasser le téléphone
Le porter chez la gardienne
Remonter chez soi
Allumer l'ordinateur
Lancer Word
Ouvrir un nouveau document
Rédiger le texte
Ne pas s'interroger sur l'orthographe de "rez-de-chaussée"
Se demander comment conclure
Hésiter sans doute pendant un moment
Se décider pour "merci"
Modifier la police
Augmenter le corps
Tout mettre en rouge
Imprimer le document
Trouver de l'adhésif
Sortir de chez soi
Appeler l'ascenseur
Attendre l'ascenseur
Entrer dans la cabine
Choisir le meilleur emplacement
Fixer la feuille sur la paroi
Admirer le travail
Admirez le travail.
C'est parce qu'elle ne répondait pas à la porte que le kiné est descendu voir la gardienne. Ils sont entrés ensemble : elle était partie pendant la nuit. On habite sur le même palier mais les horaires, les modes de vie, notre façon de fonctionner et la sienne faisait qu'on ne se croisait peu. Je pourrais reconnaître son visage mais je ne connais pas son nom.
Je savais qu'elle était malade. Je savais que ses enfants étaient loin. J'avais remarqué qu'elle ne sortait plus beaucoup. Depuis quelques jours, avant de me coucher à mon tour dans la maison endormie, j'entendais son téléviseur de l'autre côté de la cloison. J'aurais pu taper à la porte. Au moins une fois. En voisin. Juste pour bavarder quelques instants, pour rompre un peu sa solitude. Je ne l'ai pas fait. Toujours quelque chose de plus important. Ou de plus urgent.
Maintenant, de l'autre côté de la cloison, j'entends le téléphone sonner. Personne pour répondre.
J'arrête les vacances. C'est trop pénible après. Une semaine que je suis en stage maçonnerie/peinture/électricité à la maison avec Michel-le-beau-père. C'est pas désagréable. C'est pas du tout désagréable.
On mange du saucisson et des boîtes de haricots. [disclaimer: la phrase qui suit est susceptible de choquer les lecteurs belges de ce blog] On tête de la 1664 toute la journée [Fin du disclaimer]. On se lève tôt. On se couche tôt. On se repose. On a le temps de penser à tout. De lire, même. Des vrais machins en papier avec des pages. Quelques "Donjons" - Celui-là m'a anéanti - ; le journal de Marcel Sembat ; Vent de sable de Kessel.La gangue de l'adulterie se fissure. On se souvient de quand on était petit. On se souvient qu'avant, on se moquait du monde. On se moquait de la vie qui fait peur. On fumait des Gauloises brunes. Des Pall Mall bien trop fortes pour le législateur qui avait fait modifier la recette des cigarettes. On était bravache.Les questions qu'on se posait, la semaine dernière, c'était "Faudra-t-il une troisième couche de rose dans la chambre de la petite ?" "On mange quoi à midi ?" "Où est la bouteille de White Spirit ?" On se salissait les pompes. On apprenait à tirer une prise électrique. On écoutait de la Tektonik sans broncher (ou presque). On pensait à juste après : "Juste après les plinthes, j'attaque le radiateur." "Juste après les pinceaux, je nettoie le bac".C'est fini tout ça. C'est fini les vacances. On rentre dans le rang. On repasse sa chemise. On se lève pour se raser bien gentiment. Pas de poils qui dépassent. Pas de vague. Pas de faux plis. Rien.Le même canapé. La même fille. Mais quelques années de différence. Dans 2 semaines, Marguerite aura 3 ans.
Découvert ce matin, dans le dernier wagon d'une rame de la ligne 9 : cette oeuvre. Du beau boulot qui laisse entrevoir l'apparition d'un nouveau courant dans l'art du graffiti à Montreuil. Après l'anarchiste, le publicitaire ?