Filmer l'apprentissage.
C'est grâce à un billet d'Alexandre Grzeczka que j'ai découvert les trois spots réalisés par Rick Mereki pour l'agence de voyage australienne STA Travel. Alexandre est diététicien dans un établissement de la Fondation de Rothschild alors c'est le spot Eat qui a attiré son attention. Moi, je travaille chez Apprentis d'Auteuil, alors c'est le spot Learn qui m'a particulièrement intéressé. Pour les curieux : il existe un 3e spot, Move, plus attendu, plus convenu, moins réussi.
Ce qui a excité ma curiosité, c'est de voir comment Rick Mereki allait s'y prendre pour mettre en images une notion qui nous est chère, chez Apprentis d'Auteuil : l'apprentissage. Je ne parle pas du fait que Andrew Lees est plutôt beau et a l'air de réussir très facilement tout ce qu'il fait aux quatre coins du monde avec des gens super sympa. La première chose qui m'a frappé, c'est que le maître et l'élève ne parlent pas la même langue et que ce n'est pas un problème. Alors bien sûr, il y a l'anglais mais il y a surtout les gestes. Ceux du maître miment ceux que l'élève doit faire, accompagnent le novice. Pas toujours besoin de parler pour transmettre, il suffit de faire, il suffit d'être.
La deuxième chose qui m'a frappé, c'est la proximité physique entre le maître et l'élève. Bien sûr, c'est lié à la nécessité de la mise en scène de la publicité et aux activités qui sont représentées (danse, football...) mais dans certains cas (guitare, cuisine), cette proximité est aussi liée à un autre aspect : le maître et l'élève partagent les mêmes outils ; la même guitare du musicien, le même moule du chocolatier, la même canne du souffleur de verre. Apprendre, c'est partager un espace, du temps, des connaissances, des outils.
Et puis bien sûr, dernière chose : les regards, les sourires, les mains qui se serrent... en un mot, la satisfaction (ah... le monde merveilleux de la publicité). En réalité, il n'y a qu'à deux reprises qu'Andrew Lees exprime explicitement sa satisfaction (avec le guitariste et avec le chocolatier). Tout le reste est induit de façon très fine et sensible tout au long du spot par - en vrac - des gestes d'impatience, une respiration retenue, des sourcils qui se froncent. Et voilà la grande vertu du spot de Rick Mereki, qui est parvenu à capter quelque chose d'essentiel : le plaisir d'apprendre.
Tiens, une idée pour la rentrée : pourquoi ne pas montrer ce spot à tous les jeunes de France et de Navarre pour leur redire qu'apprendre est (aussi) un plaisir.