Un coming out

Vous vous souvenez des taggueurs de Montreuil qui semaient la terreur dans l'esprit des électeurs quelques semaines avant le scrutin ? Cette nuit, ils sont revenus et ont une nouvelle fois frappé à des endroits stratégiques de la géographie politique de la ville : de part et d'autres de plusieurs bureaux de vote.

Si le sens de la formule est toujours aussi acéré, on peut s'interroger en revanche sur l'éventuelle attribution de cette oeuvre au même artiste que la fois précédente. Le "b" de "bien" et le "r" de "rien" sont tracés à la va-vite et ne respectent pas les convenances de l'école de la IIIe République. D'autre part, le choix du vert pour l'expression du message pose question quand on connaît la traditionnelle répulsion des gens du spectacle pour cette couleur (et nous avons clairement affaire à des experts de la mise en scène, comme il a été démontré précédemment). Autre élément nouveau : le message est signé, signé d'un A qui veut dire "anarchie", les experts sont formels à ce sujet.

Ces différences stylistiques, ainsi que le désir de reconnaissance qu'implique de signer le dernier message, pourraient laisser penser que ces oeuvres sont le fait d'individus différents. Et pourtant, des marqueurs stylistiques comme le point d'exclamation (comparer celui-ci avec celui-là) permettent d'attribuer toutes ces oeuvres au même artiste, que nous baptiserons désormais "L'anarchiste".

Prenons le pari que nous reverrons notre artiste d'ici peu, quelques jours avant le second tour.