Un métier de chien
Dans la subtile alchimie qui me fait aimer le cyclisme professionnel (et le vélo tout court d'ailleurs, comme moyen de transport urbain notamment), il y a le fait que c'est un vraiment métier de chien. Prenez Fabian Wegmann, par exemple. Il est plutôt jeune (28 ans), plutôt beau (si vous aimez les blondes), il est champion de son pays, ce qui est généralement un label de qualité (cf. Fränk Schlek, champion du Luxembourg ou Alejandro Valverde, champion d'Espagne qui se trouvent tous les deux dans les 10 premiers du Tour de France) et il s'entraîne dur.
J'ai suivi Fabian Wegmann tout au long de cette édition du Tour de France avec une attention particulière depuis qu'Arte a diffusé le reportage "La Marge Ultime", qui présente l'entraînement des coureurs de l'équipe Gerolsteiner. Vélo tous les jours, sous la pluie, sous le soleil, sous le toit d'un vélodrome, sous l'oeil attentifs de médecins qui mesurent votre puissance, votre souffle, votre position sur le vélo etc. Si le sujet vous intéresse, le reportage est disponible sur DailyMotion mais voici l'un des passages les plus spectaculaires : l'entraînement des sprinters lancés à 70 km/h sur les routes de Majorque.
Cette vie de chien, cette vie de moine, particulièrement dure et austère, est la condition nécessaire à l'obtention de résultats sur le circuit professionnel. Nécessaire mais pas suffisante. Alors qu'il avait terminé le Tour l'année
dernière à la 60e place, alors qu'il avait traversé les Alpes et les
Pyrénées, alors qu'il avait
participé bravement à l'animation d'échappées, alors que les Champs
Elysées et le reflet de la Tour Eiffel sur ses lunettes,
c'était pour demain, Fabian Wegmann vient de quitter la Grande Boucle
par la toute petite porte : il a été éliminé après être arrivé hors délai hier à
Montluçon.