Unplugged
Quitte à être au vert, autant vivre l'expérience à fond. Désynchronisation pour 48 heures. Prochain tweet lundi. Stay tuned.
Quitte à être au vert, autant vivre l'expérience à fond. Désynchronisation pour 48 heures. Prochain tweet lundi. Stay tuned.
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Je prends en photo à son insu mon voisin de métro qui prend en photo à son insu sa voisine de métro.
C'est clair ?Comments [0]
En rentrant tout à l'heure, j'ai vu la campagne d'appel au don de l'Observatoire International des Prisons dans le métro. J'avais vu cette campagne d'abord sur Twitter, puis dans la presse avec son visuel ambigu et sa signature dérangeante : "Si ça peut vous aider à donner, dîtes-vous que cet homme est un chien". puis via l'interview de Thomas Reichling-Meldegg directeur de création de l'agence H, qui a travaillé gracieusement pour l'OIP. Mais c'est la première fois que je vois l'affiche in situ. Dans la rue. Et, puisque Patrick Marest, président de l'OIP, explique dans l'annonce qu'il fait de la campagne qu'il "sera intéressant d'observer l'ampleur des réactions", je me lance.
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Ils sont tous les deux installés à la terrasse du café Les Ondes où je dînais tout à l'heure. Nous sommes en novembre mais ils sont dehors, l'un contre l'autre, sous un radiateur à gaz qui les chauffe et les protège du froid qui n'existe pas. Ils boivent du rosé comme si c'était l'été et vraiment, à les voir, plus rien n'a d'importance à part eux. Ils sont tous les deux dans une bulle de douceur. Peut-être qu'ils se parlent à voix basse. Peut-être qu'ils parlent d'eux, ou de l'avenir, ou de la journée qu'ils viennent de passer, ensemble ou pas. Dehors, ça n'existe pas.
Même quand la réalité se rappelle à eux sous la forme d'un clochard, c'est un clochard grand, mince, avec des yeux sombres et un sourire avenant. Avec son bonnet sur la tête et sa belle barbe noire, j'ai bien envie croire qu'il est Afghan. C'est un beau clochard qui leur va bien, qui entre bien dans leur composition. D'ailleurs, ils ne font pas de difficulté pour lui donner quelques pièces. Ce n'est de toute façon pas possible de faire entrer de la contrariété dans leur bulle. Mon clochard afghan remercie, sollicite une cliente à une autre table puis disparaît avant l'arrivée du serveur. Ca aurait pu se terminer comme ça. Mais quelques minutes plus tard, le clochard revient à la table des amoureux et leur rend quelque chose. Eux équarquillent les yeux. N'en reviennent pas. Manipulent l'objet, pile, face, qu'il vient de leur remettre. C'est un objet qui brille. Sans doute une médaille. La fille fond en larme et embrasse la pièce à pleine bouche, une fois, plusieurs fois. La remet à son compagnon qui la glisse dans son portefeuille, là où elle aurait toujours du se trouver. Ils remercient l'homme avec de grands yeux rougis. Lui disparaît dans la nuit. Ils se serrent l'un contre l'autre. C'est un miracle.Comments [3]
Il est très jeune, un peu tête en l'air, brûle quelques feux rouges, loupe la sortie, n'arrive pas à faire fonctionner son GPS. C'est peut-être parce qu'il vient juste de commencer sa carrière de chauffeur de taxi et que visiblement, il n'a pas encore tous les trucs du métier puisqu'il me propose une petite remise à la fin de la course "vu que j'ai pas pris le bon chemin". C'est peut-être aussi parce que, depuis qu'il sait où je travaille, il ne pense plus du tout à ma destination à moi mais bien à ses origines à lui.
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