True Romance sur la #ligne9

Bon, le teasing a assez duré.

Alors voilà, c'est une grande jeune femme fine, qui se tient debout devant moi quand j'entre dans le wagon. Elle a des cheveux bouclés comme dans les publicités pour le shampoing, des lunettes comme dans les publicités pour les lunettes, une peau claire comme dans les publicités pour le savon, un sourire comme dans les publicités pour le dentifrice, une bouche rouge comme dans les publicités pour le maquillage et un décolleté comme dans les publicités pour la lingerie. Elle a aussi un grand chapeau, un grand manteau. Les chaussures, je sais pas, j'ai pas regardé. Elle est ravissante et tout le wagon ne voit qu'elle.

Ce que tout le wagon ne voit pas, ce sont les sacs qui sont à ses pieds. Cinq ou six. De belles marques. Vraiment, elle n'est pas à sa place ici. Parce que les femmes comme elle, ça ne prend pas le métro (un peu comme les chefs d'Etat) ou alors pas la #ligne9, ou alors seulement entre Saint-Philippe-du-Roule et La Muette.

Des places se libèrent et notre héroïne entreprend alors d'aller s'y installer pour poursuivre son trajet de façon plus confortable. Mais ses sacs l'encombrent, prennent de la place et elle ne sait pas bien comment faire. Alors, charmante ingénue, elle se résout à installer ses sacs sur la banquette et reste debout près d'eux. Comme le ferait une mère de famille avec sa progéniture fatiguée. Eux peuvent s'asseoir. Elle reste debout.

Voici l'Homme. Il est grand lui aussi. Bien mis. Et avec ses cheveux poivre et sel bien coupés, j'ai envie d'en faire un banquier (je ne sais pas si les banquiers prennent le métro). Il s'approche et fait une proposition à la femme : il va prendre ses sacs sur ses genoux. Comme ça, elle pourra s'asseoir. Elle sourit. Elle dit oui.

Voici notre scène charmante : lui, ses sacs à elle sur les genoux. Elle, à côté. Comme le ferait un couple. Ils sont déjà un couple. Après quelques stations d'hésitation, il engage la conversation. Il est sous le charme, ça se voit sur sa figure, dans les silences qu'il goûte, dans ses regards qu'il boit. Elle, peut-être qu'elle sourit juste pour être polie, pour lui dire merci d'avoir été près d'elle. Mais peut-être aussi qu'elle n'est pas indifférente : elle ne le regarde pas trop dans les yeux. Juste par petits morceaux. Je n'entends pas ce qu'ils disent mais arrivé à destination, je comprends qu'il propose de l'aider à descendre mais que cette fois, comme le ferait toute femme bien née, elle dit non. Elle prend ses cliques et ses sacs, son chapeau et son manteau et elle descend.

Générique de fin. 

La Post'it War is back (comme prévu).

Photo

 

Alors voilà, c'est vendredi soir. Je rentre à la maison et un peu au dernier moment, je me décide sur le combo #RERC + #ligne9. Et qu'est ce que je découvre dans les couloirs de la station Alma-Marceau ? La dernière campagne d'Orange pour ses Mobicartes. Et qu'est ce qu'on voit sur le visuel ? Un chouette petit bonhomme composé de Post'it de couleur orange.

Ah... belle performance des annonceurs qui sont parvenus à résister pendant 6 mois aux assauts des directeurs de création, qui leur ont vendu avec force tout et n'importe quoi en Post'it parce que c'était "le phénomène de l'été" et que "ça plaît aux jeunes". On s'y attendait gros comme une maison. Même que vous l'aviez lu ici en premier.

La Machine à trier : comment la France divise sa jeunesse.

Ce soir à l'ESCP Europe (79, avenue de la République dans le 11e arrondissement de Paris), Xavier Bertrand, ministre du Travail et Vincent Peillon, chargé des questions scolaires dans l'équipe de François Hollande, viendront débattre autour du  thème "En finir avec la Machine à trier la jeunesse" dans le cadre d'une soirée organisée par la fondation ManpowerGroup pour l'emploi.

(NDLR : cette fondation soutient le projet DEPAR, un dispositif d'Apprentis d'Auteuil qui a pour objectif de "sécuriser l'orientation des jeunes vers l'alternance et de prévenir les ruptures en cours de formation et d'emploi. Illustration avec le reportage qu'a consacré Télématin à la plateforme de Fournes-en-Weppes).

Ce débat fait suite à la publication d'un ouvrage collectif signé Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo, Olivier Galland et André Zylberberg dont je vous livre un morceau de la 4e page de couverture. Je vous en recommande aussi la lecture.

La jeunesse française est coupée en deux, certains s'en sortent, d'autres non. Cette césure est le résultat d'un système social élitiste où l'école et le marché du travail servent de machines à trier. Au bout du compte, les plus faibles sont implacablement éliminés, tout en étant pratiquement exclus des aides sociales jusqu'à 25 ans. Mis à l'écart, ils tendent à déserter les urnes et à renier les fondements de la démocratie.

J'y serai avec quelques collègues d'Apprentis d'Auteuil. On se retrouve là-bas ?

 

La preuve de l'existence de Dieu (selon @Marguerito).

Discussion à table, tout à l'heure. Je sais plus bien de quoi on parlait mais comme on est en famille, on évite soigneusement les sujets qui fâchent. On parle pas de politique, on parle pas d'argent et quant à la religion, la seule question envisageable concerne la date du baptême d'Ernest.

Mais voici Marguerite (6 ans), qui prend la parole :

C'est bête de pas croire que Dieu existe. Parce que Jésus, il a existé, tout le monde est d'accord. Et Dieu, c'est le père de Jésus. Donc, si Jésus a existé, il faut bien qu'il ait un papa. Et donc, Dieu existe, forcément.

Nous qui pensions, avec #madame, inscrire Marguerite à La Cambre, on va peut-être changer notre fusil d'épaule (mais toujours à Bruxelles, hein...)

4 mains + 2 claviers = 1 billet pour la jeunesse en difficulté (featuring @Vogelsong)

Mardi dernier, vous vous en souvenez, Apprentis d'Auteuil dévoilait son Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté, un ouvrage de 80 pages dans lequel "nous" (c'est le "nous" corporate : je n'ai pas écrit une ligne de l'ouvrage) mettons en avant notre regard et notre expérience dans trois domaines liés à la jeunesse en difficulté : le décrochage scolaire, le rôle éducatif des parents et l'insertion socio-professionnelle.

A cette occasion, une soirée avait été organisée au 40 en présence d'une douzaine de blogueurs Education / Société / Politique dont vous pouvez voir une photo de famille (partielle) ici. Si l'objectif de cette rencontre était surtout de faire connaissance, "on" (là, par contre, c'est le "on" inclusif) est ravi que certains d'entre eux aient rapidement relayé notre action, avant la rencontre pour Pierre-Edoudard Garnier, juste après pour Koztoujours ou Papaseb.

Le schéma inédit, c'est @Vogelsong qui l'a inventé en me demandant de "jeter un oeil" à un billet qu'il avait préparé puis en me proposant de le co-signer. Un genre de co-branding pour la bonne cause entre l'auteur d'un blog dans le top 20 des blogs politiques en France et un chargé de communication d'Apprentis d'Auteuil dont l'un des aspects du boulot consiste précisément à faire la promotion de son employeur. Pas forcément naturel pour un blogueur d'ouvrir les colonnes de son blog à un tiers. Pas complètement simple pour un chargé de communication d'expliquer à un blogueur que "ce paragraphe, tu comprends, je ne sais pas si on peut vraiment dire les choses comme ça."

En tout cas une bonne expérience et une belle marque de confiance. Le billet, je vous laisse le découvrir sur LeLab d'Europe 1 et sur son blog.

Merci @Vogelsong et à tous ceux, blogueurs, twitter-ers, Facebookiens qui publiez, sharez, retweetez et partagez les différents billets et contenus mis en ligne depuis la semaine dernière et qui donnent à voir une autre image de la jeunesse en difficulté : une image de réussite.

25e Téléthon à la maison Saint-Charles du Vésinet, un établissement d'Apprentis d'Auteuil dans les Yvelines.

Petit temps de respiration dans cette belle semaine : j'étais cet après-midi à la maison Saint-Charles, au Vésinet, qui organisait un événement à l'occasion du 25e Téléthon. Les familles et les enfants se retrouvaient pour participer à différents parcours de course à pied sur le site ou papillonner de stand en stand (barbe à papa, brochettes de bonbons, café des parents, maquillage).

L'événement avait aussi comme objectif de permettre aux jeunes d'appréhender la notion de différence (une présentation de ce qu'est le Téléthon a eu lieu en ouverture de l'après-midi et des jeunes et des parents d'une classe d'un IME voisin avaient été invités) mais aussi le sens du don : toutes les activités étaient en effet payantes, à un prix très très modique (entre 0,2 et 1 euro l'activité), mais payantes quand même, de façon à constituer une caisse pour le Téléthon.

Surprise de taille : le soleil a fait son apparition en fin de matinée. De quoi donner à la manifestation un air de kermesse en décembre.

Jeunesse : notre contribution au débat.

Il y a bientôt 3 ans, je quittais Publicis pour rejoindre la direction de la communication de la Fondation d'Auteuil. Le premier sujet de la première réunion à laquelle j'ai assisté lors de mon premier jour, c'était "Notoriété". La direction générale avait pris la décision de lancer une réflexion sur l'image de l'institution et - je rentre pas dans les détails - on se remontait les manches.

Du sang, de la sueur et des larmes ont coulé sous les ponts depuis cette réunion. J'ai eu l'immense chance de pouvoir participer à certaines phases du projet, parfois de très près, parfois d'un peu plus loin mais dans l'ensemble, la petite musique était bien dans l'air. Après un an de travail, au cours de l'été 2010, la Fondation d'Auteuil devenait Apprentis d'Auteuil et maintenant qu'on savait comment on s'appelait, on allait pouvoir commencer à parler. "D'où tu me parles ?" comme ils disent, les jeunes. On avait la réponse maintenant.

Nouvelle phase de travail et nouvelle étape qui a été franchie aujourd'hui avec la publication d'un Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté, un ouvrage de 80 pages dans lequel, dans trois domaines bien spécifiques (le décrochage scolaire, le rôle éducatif des parents, l'insertion socio-professionnelle), Apprentis d'Auteuil dresse un état des lieux, présente son expérience dans le domaine et propose - très modestement - sa contribution au débat.

Parce qu'il doit y avoir un débat. C'est ça qui nous intéresse. Que le sujet émerge et qu'on regarde les choses bien en face. Nous, on est prêts maintenant. On viendra vous dire comment ça se passe pour les jeunes qu'on a chez nous. Quelles sont leurs difficultés et celles de leur famille. Et quelles pourraient être les solutions, parfois toutes simples, parfois moins, pour leur permettre de remettre le pied à l'étrier.

Pour y parvenir, on a essayé de faire les choses bien : conférence de presse le matin, plateau télé à midi et le soir, le DGA qui présentait la démarche à des blogueurs rassemblés pour l'occasion à la brasserie d'application du lycée Sainte-Thérèse, au 40, rue Jean de La Fontaine. La veille, partout en France, des centaines d'exemplaires ont été envoyé à des députés, des sénateurs, des présidents de conseil général, des candidats déclarés ou pas complètement et puis tous les soutiens, les amis, les gens qui comptent et ceux sur qui on aimerait pouvoir compter.

Le Plaidoyer, vous pouvez le lire via le site mais pour ceux qui préfèrent une version papier, c'est possible aussi : envoyez un email à cette adresse :
plaidoyer.jeunesse@apprentis-auteuil.org

Merci de votre aide.

Héritage.

 

Quand j'étais petit, je me souviens que ma mère qui nous emmenait régulièrement dans sa Renault 5 à la Poste du Louvre tard le soir pour y faire des trucs importants et mystérieux.

On partait la nuit tombée. Fallait pas rigoler. Fallait arriver à l'heure. Ca parlait de cachet de la Poste faisant foi. On se garait en double file. Elle nous laissait dans la voiture le temps de. On se demandait si elle allait revenir. On avait un peu peur.

Mais oui elle revenait. Toujours avec le sourire et les pommettes un peu rouges et surtout un air soulagé parce que voilà, les lettres étaient postées et maintenant "mes petits loups", on peut rentrer à la maison.

Ce soir, c'est mon tour.

Châtiment divin.

Alors voilà c'est dimanche, un dimanche comme un autre sauf qu'on attend du monde pour déjeuner et que rien n'est vraiment prêt et que je décèle dans les yeux de #madame comme une supplique muette : "Est-ce que la messe de 10h30... est-ce que vraiment..."

Je regarde mes chaussures, je regarde le ciel gris et je me remémore la petite bruine froide qui me mouillait la veste tout à l'heure sur la place du marché et je dis que bon, après tout, ce soir à Vincennes ou demain à Meudon, il y a des messes aussi et que ça pourrait faire l'affaire.

Je range ma veste. Je pose le téléphone sur le réfrigérateur et là, "ding", notification. Le châtiment divin n'aura pas tardé.

Clichés.

(1) Périphérique intérieur, 6h38 du matin. Nous sommes tous à l'arrêt porte de Gentilly alors que le GPS ne signale pas de ralentissement. Ca sent l'accident. L'immeuble d'Ipsos brille de mille feux et des silhouettes s'agitent dans les bureaux. L'espace d'un instant, je pense que les sondeurs sont déjà à pied d'oeuvre mais non en fait. Ce sont les femmes de ménage. Je me dis que cet immeuble tout illuminé dans la nuit, ça peut faire une belle image, surtout si on aperçoit les silhouettes. C'est flou et on ne voit rien.

(2) Périphérique intérieur, 6h55 du matin. Une voiture est arrêtée sur la file de gauche, capot enfoncé. On avance au pas sur plusieurs kilomètres. Une camionnette immatriculée dans les Bouches-du-Rhône change de file bien proprement, clignotant à l'appui. Là encore, cette concomittance d'une plaque "13" et d'un clignotant allumé, ça peut faire une image rigolote. Pas le temps de récupérer le téléphone que la camionnette est déjà devant moi.

(3) Pont d'Iéna, 22h30. Périphérique fermé, jauge d'essence dans le rouge, sur le chemin du retour de Trappes, je me lance dans la traversée de Paris. Pour récupérer les quais après avoir fait le plein à la station Total du quai d'Issy-les-Moulineaux, je traverse le pont d'Iéna. Là, dans le rétroviseur, il y a la tour Eiffel qui s'éloigne et il y a une belle photo à faire avec les lumières du Trocadéro. Je tente ma chance. Mais c'est raté.