MMartin Live Journal

#n00b dans le secteur caritatif 

Unplugged

Quitte à être au vert, autant vivre l'expérience à fond. Désynchronisation pour 48 heures. Prochain tweet lundi. Stay tuned.

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Brightkite toujours vert

Les pionniers du secteur des réseaux sociaux mobiles ont pris un petit coup de vieux ces derniers temps. Je pense à Brightkite en particulier. Fondé en 2005 (ce que j'ai un peu de mal à croire quand on sait que Twitter a été fondé en 2006), Brightkite permettait à l'origine (et par MMS) de se localiser sur une carte, de publier une photo et un commentaire. Un genre de Twitter avant l'heure. J'ai mis du temps avant de jouer le jeu parce que cette question de la géolocalisation me semblait trop intrusive. Et puis, comme souvent, il suffit d'essayer une fois pour comprendre qu'avec une photo sur Brightkite, vous offrez beaucoup d'informations à vos lecteurs : un commentaire, un visuel et un lieu là où le tweet n'offre que 140 caractères. Du coup, j'ai accroché et je m'en sers très régulièrement, d'autant que Brightkite offre deux fonctionnalités essentielles à mes yeux : le push de vos messages sur Twitter et la copie de vos photos sur Flickr. Bref, je suis fan de Brightkite.

Mais le succès de Twitter et l'arrivée de l'iPhone ont changé pas mal de trucs et ont mis Brightkite en danger.

La première salve est venue de Flickr. En juin 2009, le service de partage de photos de Yahoo! a proposé à ses membres de publier directement leurs photos sur Twitter. Une photo + un commentaire = un tweet. L'objectif premier était bien de contrer des services comme Twitpic mais la réponse de Flickr a bien failli emporter Brightkite. Mais le nouveau service de Flickr ne proposait la géolocalisation de vos photos que si elles étaient natives iPhone : c'est à dire sans avoir eu recours à une application. Coup de chance pour Brightkite : j'utilise ShakieItPhoto.

La 2e salve est plus sévère. Elle vient de ces nouveaux réseaux sociaux mobiles apparus avec l'iPhone et qui commencent à faire parler d'eux en France. Qu'apportent ces réseaux ?
1/ Une dimension ludique : en signalant votre position et en documentant les lieux que vous visitez, vous remportez des points et que vous pouvez comparer chaque semaine votre total de points avec ceux de vos petits camarades.
2/ Une dimension sociale : vous pouvez connaître l'avis de vos petits camarades sur les lieux qu'ils ont visité lorsque vous passez à proximité.
3/ Une dimension commerciale : il n'y a pas que vos petits camarades qui peuvent vous donner un avis sur le bar devant lequel vous êtes en train de passer : il y a aussi le propriétaire du bar.

Depuis quelques semaines, j'ai testé trois des nouveaux réseaux :

Foursquare
Le grand intérêt de Foursquare, c'est la simplicité d'usage. L'appli iPhone est efficace. Le caractère ludique est soigneusement alimenté grâce à des badges que vous gagnez selon votre assiduité. Mais il y a deux problèmes avec Foursquare.
Le premier, c'est que cette dimension ludique a vite été détournée au profit de quelques petits malins qui se sont aperçus qu'on pouvait checker à un lieu où on n'était pas. On gagne les points quand même et on termine la semaine en haut de la liste. C'est vilain et ça entraîne Foursquare dans une mauvaise direction : les lecteurs fidèles de Thierry Crouzet voient très bien à quoi je fais allusion. Le deuxième, c'est qu'il n'y a pas de photos sur Foursquare.

Gowalla
Le design de l'appli iPhone est très agréable : des couleurs acidulées, un bel orange bien à la mode, un pack de très belles icônes et un caractère ludique particulièrement intéressant parce qu'avec Gowalla, il ne s'agit pas de marquer des points mais de s'échanger des objets qu'on dépose virtuellement à un lieu qu'on a visité. Intéressant sauf que... on n'a pas la main sur la localisation des "spots" qu'on crée. Pas génial pour une application fondée sur la géolocalisation.
Pas de photo non plus sur Gowalla.

Openplayce
Une dimension ludique avec des points et des badges, un bon contrôle sur la géolocalisation, des photos pour donner un peu de chair à ce qu'on est en train de faire, un push Facebook... il s'en est fallu de très peu qu'Openplayce ne détrône Brightkite. D'autant que les concepteurs ont poussé la logique mobile au bout : il n'y a pas de site web.
Ce qu'il manque encore à Openplayce pour que je l'adopte définitivement : une appli iPhone plus simple (et pas noire...) et plus rapide, un push Twitter, un push Flickr. En tout cas, s'il n'en reste qu'un (sur mon téléphone) pour rivaliser avec Brightkite, ce sera celui-là.

Vous avez compris que je n'étais pas très convaincu. D'abord parce que la localisation "brute", ça n'intéresse que très peu de monde (merci Myriam pour la leçon lors de mon arrivée sur Brightkite). Ensuite parce qu'avec les envois de notifications de l'iPhone, on est quand même pas mal dérangé.  Et que ça commence à faire beaucoup de messages (SMS, alertes Google Calendar, voicemails, notifications Facebook, Foursquare, Openplayce, Gowalla...) sur un écran qui devrait rester réservé aux messages urgents.

Bref, Brightkite a encore de beaux jours devant lui.

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Mise en abyme

Je prends en photo à son insu mon voisin de métro qui prend en photo à son insu sa voisine de métro.

C'est clair ?

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Never give up

En rentrant tout à l'heure, j'ai vu la campagne d'appel au don de l'Observatoire International des Prisons dans le métro. J'avais vu cette campagne d'abord sur Twitter, puis dans la presse avec son visuel ambigu et sa signature dérangeante : "Si ça peut vous aider à donner, dîtes-vous que cet homme est un chien".  puis via l'interview de Thomas Reichling-Meldegg directeur de création de l'agence H, qui a travaillé gracieusement pour l'OIP. Mais c'est la première fois que je vois l'affiche in situ. Dans la rue. Et, puisque Patrick Marest, président de l'OIP, explique dans l'annonce qu'il fait de la campagne qu'il "sera intéressant d'observer l'ampleur des réactions", je me lance.

Un bon gars
Le détenu que nous présente l'OIP ne ressemble pas tellement à l'idée que se fait le grand public d'un prisonnier. Le type, c'est un gamin. En insistant un tout petit peu, on pourrait trouver qu'il ressemble à un Justin Timberlake et à bien le regarder dans les yeux, de beaux yeux, on se demande bien ce qu'il a fait pour arriver là. Alors oui, on va l'aider ce petit gars. On va aider l'OIP pour que les conditions dans lesquels ce jeune homme purge sa peine (sans doute injuste) soient les meilleures possibles.

Entre chien et loup
En posant sur ce jeune homme une signature forte : "Si ça peut vous aider à donner, dîtes-vous que cet homme est un chien", l'OIP donne un sens nouveau au message visuel. Le regard doux, le poil jaune... ce n'était pas pour attendrir le spectateur sur le sort des prisonniers en France que le choix du mannequin s'est porté sur ce jeune homme mais pour favoriser l'assimilation du détenu avec un animal. Plutôt un chien qu'un "fauve" ou un "prédateur" pour reprendre les termes cités par Thomas Reichling-Meldegg dans son interview. Un gentil chien.

Et ce thème du chien, c'est quand même un truc très réussi. Parce qu'il permet de faire passer deux messages en une seule affiche : un message d'interpellation sur la situation des détenus "traités comme des chiens" dans les prisons en France et un message d'empathie sur le "gentil chien-chien" abandonné sur une aire d'autoroute un 1er juillet et qui a besoin d'aide. De votre aide. De votre argent.

Une prise d'otage
Maintenant, il y a quand même un problème. C'est dans la façon dont est formulé le message : "Si ça peut vous aider à donner, dîtes-vous que cet homme est un chien." Cette formulation prend acte - et dénonce assez explicitement - qu'il est parfois plus facile de donner pour une association qui aide les (gentils) animaux que pour une association qui aide les (coupables) condamnés. Et cette annonce renvoie le spectateur-donateur à s'interroger non pas sur sa perception de la situation dans les prisons en France (ce qui serait légitime de la part de l'OIP) mais sur ses motivations à donner pour des associations qui aident les animaux... quelques mois après la publication d'un rapport "au vitriol" de la Cour des comptes sur la SPA. La campagne cherche à culpabiliser le donateur et le prend en otage et je ne sais pas si c'est une bonne manière de faire pour susciter son adhésion.

Un renoncement
La où la Fondation Abbé Pierre parvenait parfaitement à gérer les deux aspects émotion / adhésion dans sa campagne de novembre 2008, ce qui me frappe finalement dans cette campagne de l'OIP, c'est cette impression de renoncement. Renoncement à un discours d'adhésion pour un discours de l'émotion, une émotion brute, provoquée, implorée, qui met finalement l'émetteur en position de faiblesse. Au profit d'un message spectaculaire... mais stérile.

Une question
A mon sens, dans la "nouvelle relation média" (cf. le billet d'Eric Scherer sur l'économie de l'attention) qui se noue entre les producteurs d'information - et les associations caritatives en font partie - et les consommateurs, les "vainqueurs" sont ceux qui sauront nouer une relation discrète, intime, personnelle avec leurs publics. Le spectaculaire, je n'y crois pas. Il attirera l'attention immédiate mais sera remplacée dans l'esprit du grand public par l'action encore plus spectaculaire suivante. Sans pédagogie. Sans adhésion. Sans prise en compte de l'intelligence du spectateur. Cette communication spectaculaire, émotionnelle se place dans le sillage de la "pipolisation" ambiante. J'ai beaucoup de mal avec ça. Never give up.

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Sans @Vogelsong

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Florent Guerlain remet le couvert

Florent Guerlain, je vous en parlais par hasard dans mon billet d'hier à propos de la question de la visualisation des données, un domaine dans lequel son travail vaut vraiment le détour. Il vient de publier ce matin les 171 photos de ses courses alimentaires de l'année 2009 et mettra en ligne "des gros diagrammes (...) d'ici quelques semaines" qui permettra de visualiser ses habitudes alimentaires. Je piaffe di'mpatience.

Vous aviez sans doute entendu parler de ce graphiste en novembre quand il a créé un petit happening en collant sur deux murs de la capitale une affiche reprenant ses 1 000 premiers tweets. Je vous invite vraiment à aller faire un tour sur son site qui regorge de pépites visuelles et de projets un peu fous comme mon préféré de tous : Arles-Paris (.pdf), un superbe carnet de route dans lequel, avec deux amis, il dresse un compte rendu des cigarettes qu'ils fument pendant le voyage, du nombre de personnes portant un gilet jaune... et bien sûr de ce qu'ils achètent dans les stations services.

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Chantier autorisé au public

Ca fait un moment que je ne suis plus très satisfait de mes activités en ligne et c'est désagréable. Voilà comment je perçois la situation. Si vous avez des idées, des conseils ou des expériences à partager, je suis preneur.

J'ai deux problèmes.

Premier problème : un problème de forme. En plus de ce blog, je suis (assez) actif sur d'autres réseaux sociaux : Twitter, Facebook, Brightkite et je découvre en ce moment Foursquare (qui m'amuse un peu sans me convaincre vraiment... mais ce sera l'objet d'un autre billet). Je partage ma veille personnelle sur Google Reader, delicious et Facebook. Google Reader, c'est pour le tout-venant, j'utilise la fonction privée de delicious pour stocker des articles que je traiterai plus tard. Facebook, c'est plutôt orienté boulot. Et puis il y a Flickr, bien sûr.

J'ai aujourd'hui trois usages d'internet, par ordre d'implication décroissant :
- la production (des notes, des updates, des photos),
- la réaction (commentaire à des billets de blog ou commentaire sur un lien partagé)
- le partage brut (un retweet, un lien posté sans commentaire)

Je vais remettre un peu d'ordre dans les réseaux vs les usages pour qu'à chaque site corresponde un usage propre... ou à peu près. Je ne suis pas très inquiet là-dessus. Ca devrait permettre de redonner un peu de valeur à chacun des flux. Peut-être que ce sera aussi l'occasion de construire un flux unique et d'aller vers un monitoring de mes activités en ligne, à l'image de ce qu'a fait Florent Guerlain avec son projet Hyper 2008 ou Nicolas Feltron avec son Annual Report 2008 (qui a d'ailleurs inspiré les concepteurs de Foursquare). Ces trucs me fascinent.

Second problème : un problème de fond. Et là, c'est pas génial. Pour la première fois de ma vie, je pense à mes lecteurs en écrivant. Ca ne m'était jamais arrivé avant. D'abord parce qu'il n'y avait pas de blog et que mes textes, je ne les partageais qu'avec des lecteurs très très choisis (et parfois des lectrices tout aussi soigneusement choisies...) Ensuite parce que les quelques lecteurs qui traînaient sur MMixer, je ne les connaissais pas et je n'avais pas de moyen de les connaître.

Jusqu'à présent, mon lectorat, je l'appréhendais comme un individu unique : le Lecteur. Son activité ? Me lire un point c'est tout. Que ce lecteur unique aime ou n'aime pas ce que je faisais n'a pas tellement d'importance. Ca n'est pas ça qui m'intéressait. J'écris pour maintenir vivante cette relation entre moi et Lui le Lecteur. Pour respecter une promesse d'enfant. Ecrire et puis c'est tout.

Le bon côté des choses, c'est que cet état d'esprit m'a permis d'échapper à la tentation de la course à l'audience, à l'écriture sur commande et à écrire pour plaîre, pour te plaîre à toi, de l'autre côté du clavier. Le mauvais côté, c'est qu'avoir pris conscience qu'il y avait des "vrais" gens derrière l'écran, ça brouille ma relation avec mon Lecteur. Et ça, je ne sais pas encore comment la retrouver.

Ma piste de réflexion, c'est sans doute de revenir aux fondamentaux : l'honnêteté et la transparence. Si j'ai abandonné le cahier pour le blog, c'était dans un souci de vérité. Ecrire publiquement, cela engage à dire la vérité. Bien sûr, on peut mentir, se planquer derrière un pseudo, raconter n'importe quoi, inventer des histoires alors que le quotidien, la réalité est parfois si exquisetendre, dure, surprenante, tragique même, pour peu qu'on y prête attention. Mais ce n'est pas de cette manière que je vois les choses.

Ce que je veux, c'est retrouver du silence autour de moi, en fait. Cette zone d'ombre dans laquelle on peut tricoter les phrases sans se demander si telle expression ne va pas provoquer l'ire ou le rire d'un de nos lecteurs. Une fois l'étoffe achevée, on peut la présenter en pleine lumière et la donner au Lecteur.

On essaye comme ça ?

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Médaille miraculeuse

Ils sont tous les deux installés à la terrasse du café Les Ondes où je dînais tout à l'heure. Nous sommes en novembre mais ils sont dehors, l'un contre l'autre, sous un radiateur à gaz qui les chauffe et les protège du froid qui n'existe pas. Ils boivent du rosé comme si c'était l'été et vraiment, à les voir, plus rien n'a d'importance à part eux. Ils sont tous les deux dans une bulle de douceur. Peut-être qu'ils se parlent à voix basse. Peut-être qu'ils parlent d'eux, ou de l'avenir, ou de la journée qu'ils viennent de passer, ensemble ou pas. Dehors, ça n'existe pas.

Même quand la réalité se rappelle à eux sous la forme d'un clochard, c'est un clochard grand, mince, avec des yeux sombres et un sourire avenant. Avec son bonnet sur la tête et sa belle barbe noire, j'ai bien envie croire qu'il est Afghan. C'est un beau clochard qui leur va bien, qui entre bien dans leur composition. D'ailleurs, ils ne font pas de difficulté pour lui donner quelques pièces. Ce n'est de toute façon pas possible de faire entrer de la contrariété dans leur bulle. Mon clochard afghan remercie, sollicite une cliente à une autre table puis disparaît avant l'arrivée du serveur.

Ca aurait pu se terminer comme ça. Mais quelques minutes plus tard, le clochard revient à la table des amoureux et leur rend quelque chose. Eux équarquillent les yeux. N'en reviennent pas. Manipulent l'objet, pile, face, qu'il vient de leur remettre. C'est un objet qui brille. Sans doute une médaille. La fille fond en larme et embrasse la pièce à pleine bouche, une fois, plusieurs fois. La remet à son compagnon qui la glisse dans son portefeuille, là où elle aurait toujours du se trouver. Ils remercient l'homme avec de grands yeux rougis. Lui disparaît dans la nuit.

Ils se serrent l'un contre l'autre. C'est un miracle.


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Tout remué

Il est très jeune, un peu tête en l'air, brûle quelques feux rouges, loupe la sortie, n'arrive pas à faire fonctionner son GPS. C'est peut-être parce qu'il vient juste de commencer sa carrière de chauffeur de taxi et que visiblement, il n'a pas encore tous les trucs du métier puisqu'il me propose une petite remise à la fin de la course "vu que j'ai pas pris le bon chemin". C'est peut-être aussi parce que, depuis qu'il sait où je travaille, il ne pense plus du tout à ma destination à moi mais bien à ses origines à lui.

Ses parents sont arrivés du Cambodge au début des années 80 et ne parlent alors que quelques mots de Français et il ne sait pas très bien comment se serait déroulée la vie de sa famille - bouddhiste - s'ils n'avaient pas croisé le chemin d'une association - catholique. Ce sont des catholiques qui les recueillent, qui leur apprennent notre langue, qui trouvent du travail aux deux parents et un appartement pour la famille.

Récemment, ses parents ont revu l'homme qui s'était occupé d'eux il y a plus de 25 ans. Malgré les années, il se souvenait d'eux et ils se sont tous retrouvés avec beaucoup d'émotion, eux les bouddhistes et lui le catholique. Et voilà mon jeune chauffeur de taxi tout remué, une main accrochée à son volant et l'autre à son GPS, qui me remercie pour tout ce que les catholiques ont fait pour sa famille : "En fait, vous les catholiques, vous êtes très humanistes et vous faîtes des choses que peu de gens feraient... que plus de gens devraient faire. Vous avez le coeur sur la main. Vous êtes généreux-pour-de-vrai."

Me voilà donc tout rempli de ses merci, touchants, charmants et un peu embarrassants. Comme l'autre fois, je sors de la voiture tout remué moi aussi. Photo contractuelle.

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Midway mon amour

 

Chris Jordan est allé à Midway et il a photographié sur ce qu'il voyait sur la plage.

Des os, un squelette, des objets produits par l'homme, un sol plat bien nettoyé... si, ne serait-ce qu'une fois dans votre vie, vous avez traîné dans le département archéologie d'un musée, cette photo devrait vous dire quelque chose. A Midway, 1 albatros sur 3 meurt d'avoir ingéré des déchets plastiques. 

Midway porte bien son nom : c'est un coin perdu au beau milieu de l'océan Pacifique, à près de 3 500 kilomètres du premier continent venu. Tout le monde connaît cet endroit grâce aux images de la bataille de Midway, tournées en 1942 par John Ford et dans lesquelles Isabelle Clarke et Daniel Costelle ont largement pioché pour leur documentaire sur la seconde guerre mondiale, Apocalypse, diffusé par France 2 en septembre. On sait moins qu'à Midway, se niche 70 % de la population mondiale d'albatros de Laysan et 40 % des albatros à pied noir.

On sait encore moins que Midway se trouve dans la plaque de déchets du Pacifique Nord, appelée aussi "soupe plastique", "7e continent" ou "Grande zone d'ordures du Pacifique". Pour faire simple : les courants entraînent dans cette zone des déchets plastiques qui ne se biodégradent pas mais, sous l'effet de la lumière, se divisent en particules de plus en plus fines. Les poissons et les oiseaux ne savent pas faire la différence avec leur nourriture et avalent ces billes de plastiques.

"En montrant ces endroits qui sont hors de notre expérience, mais qui font partie intégrante de notre vie, je crois que j'ajoute de la compréhension de ce que nous sommes et ce que nous faisons." Cette phrase n'est pas de Chris Jordan mais de Edward Burtynsky, l'un des cinq finalistes du prix Pictet, qui sera remis jeudi. J'ai un faible pour son travail sur les carrières du Vermont (1991) d'où sont tirées les pierres des immeubles de la région. Il en résulte un paysage de "gratte-ciels à l'envers" tout à fait spectaculaire.

Le prix Pictet est le premier prix de photographie consacré au développement durable. Le Monde Magazine y consacre un article signé Claire Guillot. Elle commence son article de cette manière : "Voici des images qui ne prêtent guère à sourire. Ce sont plutôt la mélancolie, le chagrin ou la colère qui habitent les photographies de ces cinq finalistes du prix Pictet. Appelés à travailler sur le thème de la Terre, ils l'ont montrée abîmée et percée de toute part, en train de se dérober sous nos pieds."

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